Des chimistes de l'Université de Paderborn en coopération avec la Faethe Labor GmbH, un institut spécialisé dans le contrôle des aliments, développent un système de surveillance pour la protection des consommateurs de miel. A l'aide du contrôle analytique de ce dernier, il s'agit de détecter les antibiotiques présents et de retirer, le cas échéant, le miel brut non conforme avant que ce dernier ne parvienne au consommateur.
Les abeilles ainsi que le miel qu'elles produisent peuvent, en effet, transporter des produits phytosanitaires, tels que certains antibiotiques pulvérisés sur les arbres fruitiers afin de les protéger du "feu bactérien" [1]. Même dans l'apiculture, les antibiotiques peuvent être employés notamment dans le traitement de la "loque européenne", infection capable de décimer des populations entières. Si dans l'UE et en Suisse, l'emploi d'antibiotiques est interdit, ou limité à quelques exceptions. La forte demande en produit à base de miel et la mondialisation ont cependant rendu nécessaire l'importation de miel brut, provenant parfois de pays où cette pratique est courante, ce qui a déjà mené à des situations critiques dans le passé.
Les travaux entrepris à Paderborn consistent à développer un système de contrôle très sensible et fiable pour identifier les traces d'antibiotiques. L'objectif serait, en outre, de repérer les métabolites, produits issus de la dégradation d'antibiotiques, afin d'optimiser la sécurité du consommateur, même si le dosage de ces métabolites ne fait pas, à l'heure actuelle, l'objet d'une réglementation. Pour ce projet de recherche, la Faethe Labor GmbH a investit 450.000 euros et s'est associé avec l'Université de Paderborn, dont les connaissances en matière de méthodes d'analyse pour les plantes, les sols et les eaux ont servi de support à cette étude.