La leishmaniose est une maladie causée par un parasite. Elle se présente sous deux formes différentes, une forme bénigne cutanée et une forme viscérale qui s'attaque aux organes du corps humain et qui est mortelle dans 90% des cas si elle n'est pas traitée.
L'un des traitements les plus utilisés est à base du stibogluconate de sodium, mais le parasite résiste aujourd'hui de mieux en mieux à cette substance. Un problème donc, d'autant que les substances alternatives disponibles que sont la pentamidine et la miltefosine auraient des effets secondaires néfastes, la première favoriserait le diabète et la seconde provoquerait des handicaps à la naissance chez les enfants de femmes enceintes traitées.
Dans ce contexte, la nécessité d'un nouveau mode de traitement de la maladie se fait urgente. Toutefois, la leishmaniose est une maladie tropicale qui affecte surtout des populations pauvres d'Asie, d'Amérique du Sud et Centrale et du Moyen-Orient. De ce fait peu d'équipes de recherche occidentales travaillent sur ce sujet, et dans les quelques cas existants, exclusivement dans des institutions publiques.
L'Inde est donc potentiellement un pays qui pourrait apporter une solution. La maladie est endémique dans le pays où elle touche plusieurs dizaines de milliers de personnes par an et il y existe un potentiel de recherche non négligeable dans le domaine biomédical. Ainsi, on ne sera pas surpris d'apprendre que c'est une équipe du Jawaharlal Institute of Postgraduate Medical Education and Research (JIPMER), basé à Pondichéry, qui a publié le dernier article scientifique important sur le sujet. Cette équipe, menée par le docteur Mitali Chatterjee a montré que l'artémisine, une substance connue pour ses effets anti-malariens était aussi efficace contre le parasite de la leishmaniose. Plus intéressant encore, la substance serait plus spécifiquement efficace contre la forme viscérale de la maladie. Elle aurait en fait un double effet, d'abord celui de tuer le parasite dans les deux étapes de sa croissance puis celui d'activer les macrophages ce qui permettrait au corps de se débarrasser totalement du parasite. Enfin, l'artémisine est moins dangereuse que la pentamidine ou la miltefosine. Il existe d'ailleurs déjà des études de toxicologie puisque la substance est déjà utilisée contre la malaria, ce qui pourrait accélérer la mise sur le marché d'un traitement à base d'artémisine contre la leishmaniose.
Mitali CHATTERJEE - Jawaharlal Institute of Postgraduate Medical Education and Research (JIPMER), Pondicherry - email : ilatim@vsnl.net - http://www.jipmer.edu