La greffe autologue sur le muscle cardiaque lésé de cellules provenant du patient (thérapie cellulaire régénératrice) est une thérapie prometteuse de la cardiomyopathie ischémique. Les cellules utilisées sont soit des myoblastes (précurseurs du muscle squelettique), soit des cellules issues de la moelle osseuse. Toutefois, l'injection directe des cellules dans le myocarde est techniquement difficile en cas de cardiomyopathie congestive et il y a aussi une perte importante en nombre de cellules greffées ainsi qu'une limitation de l'aire pouvant être greffée par cette technique d'injection directe.
Pour surmonter ces difficultés, le Professeur Yoshiki Sawa du département de chirurgie cardiovasculaire de l'université d'Osaka a imaginé de cultiver des myoblastes en couches fines et de greffer ces couches sur la lésion du myocarde afin d'obtenir ainsi une administration régulière des myoblastes dans la région greffée. Le Pr. Sawa avait déjà publié en 2006 les résultats positifs obtenus avec cette méthode chez le rat et le hamster et en mai dernier il avait montré les résultats prometteurs d'essais de traitement de l'infarctus du myocarde chez le porc à l'aide de ces greffes de couches fines de myoblastes provenant du muscle squelettique.
Le département de Chirurgie Cardiovasculaire de l'université d'Osaka vient maintenant de faire savoir qu'un patient mâle de 56 ans atteint de cardiomyopathie congestive sévère et qui était sous assistance mécanique de la circulation (coeur artificiel) en attendant une greffe de coeur, a aussi été traité en mai dernier par la technique du Pr. Sawa de greffe autologue de myoblastes.
Pour ce faire, l'équipe de chercheurs d'Osaka a cultivé des myoblastes provenant d'un prélèvement de muscle squelettique de la cuisse du patient et a ainsi obtenu plusieurs couches cellulaires de cinq centimètres de diamètre et de cinquante micromètres d'épaisseur. Les chirurgiens ont ensuite appliqué ces couches de cellules sur la surface du coeur du patient. Comme la fonction cardiaque du patient s'est améliorée progressivement au cours des mois suivant la greffe, ils ont pu sevrer le patient de son assistance mécanique circulatoire externe en septembre dernier et le malade devrait sortir prochainement de l'hôpital.
Il est à noter que la préparation et la culture des myoblastes provenant du muscle squelettique qui précèdent la greffe des myoblastes est un processus long, ce qui limite leur utilisation aux cas de maladies cardiaques chroniques telles que la cardiomyopathie congestive dont ce patient japonais était atteint. La greffe de cellules de la moelle osseuse dont le temps de préparation est court, serait ainsi mieux adaptée aux cas plus aigus, tels que l'infarctus du myocarde.