Le vieillissement actuel de la population, avec l'incidence croissante des démences qui lui est liée, pourrait avoir un impact non seulement sur la structure de notre système de santé mais également sur une architecture bien plus concrète : celle des hôpitaux et établissements de soins. Trois chercheurs de l'Université technique de Dresde se sont ainsi intéressés à une trentaine d'établissements répartis dans toute l'Allemagne afin d'établir un parallèle entre l'architecture des bâtiments et la capacité d'orientation des résidents.
Des données concernant 450 patients atteints de démence ont pu être recueillies dans le cadre de cette étude, permettant ainsi d'étayer de façon empirique les connaissances actuelles sur la construction et l'architecture des établissements accueillant ce type de patients. Le personnel soignant a alors été invité à évaluer sur une échelle à trois niveaux l'autonomie des patients au sein des bâtiments communs (leur capacité à s'orienter, leur facilité à regagner leur chambre, etc...). Cette évaluation a ensuite été mise en regard des particularités structurales et architecturales des établissements. L'analyse de l'activité cérébrale de patients atteints de la maladie d'Alzheimer et soumis à la représentation ou au souvenir de structures spatiales, a également permis de compléter l'interprétation de ces données.
Comparés aux structures ouvertes de type atrium ou cours intérieures, largement répandues depuis les années 90, et qui offrent une multitude de chemins différents, les couloirs rectilignes semblent concourir à une meilleure orientation des résidents. Concernant les pièces-clés telles que les réfectoires et salles communes, leur position centrale (et non leur dispersion) au sein des bâtiments semblerait également permettre une orientation optimale des patients.
Un équipement avec lequel le patient a déjà été familiarisé exerce lui aussi une influence positive et contribue donc également à une "thérapie de milieu". Si une cuisine multifonction moderne désoriente les patients atteints de démence, ces derniers retrouvent très vite leurs marques lorsqu'un épluche-légume leur est confié, souligne ainsi le Dr. Gesine Marquardt, qui à l'aide des résultats de cette étude vient de faire paraître un catalogue de recommandations relatives à l'architecture des structures accueillant les patients atteints de démence.