Mauritzia Botti alterne ses leçons au Polytechnique de Milan avec son travail à la Slam de Gênes. Elle s'occupe de l'innovation, dans une entreprise née d'une équipe d'amateurs de voile en 1979, mais qui de 2003 à 2006 s'est agrandi de 93%. La Slam est aussi une entreprise moyenne d'habillement sportif, une de celles particulièrement exposées à la concurrence chinoise ou asiatique.
"Depuis la première introduction de la technologie "Meryl" dans nos vêtements marins, nous sommes allés de l'avant. Tout a commencé lors d'une Coupe de l'America à Auckland : les navigateurs ont du réaliser la compétition au niveau du trou de la couche d'ozone, ce qui a aboutit à la nécessité de la conception d'un nouveau tissu, le Meryl justement, capable d 'assurer une protection contre les puissants rayons ultraviolets, à l'origine des cancers de la peau. Ces vêtements sèchent cinq fois plus vite que le coton, ce qui est pratique pour les navigateurs en mer toute la journée. Ce fut notre premier succès dans le domaine".
Aujourd'hui, la Slam produit des T-Shirts en carbone (une fibre qui aide la dissipation électrique du corps), des vestes coupe-vent thermorégulatrices (avec tissu conducteur), des pantalons anti-taches munis de nanosuperficies traitées au plasma.
Cycles d'innovation des produits approchés, plein impact des nanotechnologies, électronique non-conventionnelle, matériaux hybrides, chimie avancée et mécano textiles de pointe. C'est le premier portrait-robot du textile technique d'aujourd'hui, "un club de 120 entreprises italiennes en pleine croissance -déclare Aldo Tempesti, directeur de Texclubtec- alors que quand nous l'avons lancé, en 1998, nous étions seulement une trentaine. Aujourd'hui, nous augmentons au rythme d'une dizaine de nouvelles associations par mois".
Minoritaire pendant des décennies dans le grand corps du textile et de l'habillement italien, le textile technique atteint à présent 60 mille entreprises et 600 mille employés. Le "petit" textile technique est aujourd'hui en scène : "Avec ses produits pour l'industrie, l'environnement et la santé, il a augmenté dans les 15 dernières années jusqu'à compter pour un quart de la production européenne entière -observe Tempesti- et en Italie, en ce moment, la tendance est analogue. Il s'agit d'entreprises à haute spécialisation qui contrôlent continûment, et surtout à l'échelle planétaire, celles qu'il fut un temps auraient pu être décrites comme niche de marché. Le résultat est attractif : la majorité des nouveaux associés de notre club provient d'entreprises textiles traditionnelles qui se diversifient, à la recherche d'un nouveau mélange de stabilité, valeur ajoutée et innovation".
"Le textile technique italien exporte en Chine plus qu'il n'en importe" affirme Tempesti. Et "le mécano textile, avec ses 300 producteurs italiens, réalise 78% d'export (pour lequel 46% est dirigé vers l'Asie)"- affirme Paolo Banfi, président de l'Acimit.
Ce type de textile évolue vers un marché qui reste à inventer : les premiers vêtements thermorégulants (pour enfants et personnes âgées par exemple), les textiles sensoriels pour assurer contrôle et stabilité de l'environnement (capables de signaler des facteurs critiques), ainsi que la protection de travailleurs en situation extrême, les bandages et médicaments antibactériens, les textiles luminescents parfumés ou anti-odeur, les protections très légères pour les casques. "L'avènement des nanotechnologies -conclut Botti- est vraiment en train de nous ouvrir des frontières toutes nouvelles à explorer".