La Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA, haute autorité britannique en charge de l'aide à la procréation assistée et de la recherche en embryologie) a décidé le 17 janvier 2008 d'accorder des licences d'une durée d'un an aux deux équipes scientifiques britanniques souhaitant créer, par la méthode de transfert de noyau cellulaire (voir plus bas), des embryons chimères ou hybrides humain-animal en utilisant des ovocytes animaux. Cette décision fait suite au vote ayant pris place la veille à la Chambre des Lords, au cours duquel 268 voix se sont prononcées pour que la loi autorise la création de ces entités, contre 96 voix contre.
Les dossiers présentés par les scientifiques dataient de novembre 2006. Avant de se prononcer, la HFEA avait cependant souhaité consulter l'opinion publique d'une part, et s'assurer que les demandes faites étaient conformes aux termes de la loi britannique. Cette dernière, portant le nom de Human Fertilisation and Embryology Act 1990 (HFE Act), n'incluant pas ces techniques de recherche récentes, a été révisée par le gouvernement. Elle est actuellement en troisième lecture à la Chambre des Lords, avant d'être examinée par la Chambre des Communes.
Les deux équipes en question mèneront les travaux suivants :
- le docteur Stephen Minger, basé à King's College London, souhaite transférer du matériel génétique humain porteur de mutations génétiques responsables de maladies graves dans des ovules énucléés de vache, de lapine, de brebis et de chèvre. Les embryons ainsi créés, et les cellules souches qui en seront dérivées, seront aussi porteurs de ces mutations. Les mécanismes biologiques et physiologiques responsables du développement de la maladie pourront alors être étudiés ;
- le docteur Lyle Armstrong, de l'Université de Newcastle, utilisera quant à lui, des ovules de vaches préalablement énucléés pour étudier comment la reprogrammation des cellules adultes en cellules plus primitives. L'objectif est de développer une méthode qui permettrait de créer des cellules souches pouvant être utilisées pour produire du tissu nouveau ayant les caractéristiques immunitaires du patient.
Complément d'information : Transfert de noyau cellulaire
Les embryons cytoplasmiques dérivent du transfert du matériel génétique d'une cellule somatique (par exemple une cellule de la peau) dans un ovocyte (ovule) préalablement énucléé. Cette technique, connue sous le nom de transfert de noyau cellulaire peut être exécutée par l'intermédiaire d'un transfert direct ou par la fusion d'une cellule somatique avec l'ovocyte receveur. Dans le cas des embryons chimères ou hybrides, l'ovocyte utilisé provient d'un animal, qui peut être une vache ou une lapine.