Tous autour d'une table ronde : associations environnementales, élus locaux, investisseurs et représentants des Ministères de l'environnement et de l'infrastructure. Leur but : trouver enfin une solution au problème de la Vallée de la Rospuda, située dans la région des lacs de Mazurie, à l'extrême nord-est de la Pologne, et qui anime depuis plus d'un an et demi l'actualité polonaise.
Rappel des faits : le projet de construction d'une autoroute devant relier la Pologne aux Etats baltes dans le cadre de la Via Baltica, prévoit la construction d'un boulevard périphérique autour de la ville d'Augustow : celui-ci traverserait la vallée en plein coeur, dans la partie marécageuse du fleuve Rospuda, ce qui nécessiterait d'élever un pont d'environ 500 mètres de long à plus de dix mètres du sol. Les conséquences seraient désastreuses pour la vallée.
Car celle-ci est le plus vaste et le plus ancien espace de tourbières d'une richesse unique en Europe, peuplé d'une diversité d'espèces animales et végétales. Elle constitue un corridor migratoire pour de multiples oiseaux et pour des mammifères tels que loups, lynx, renards, élans, castors. Y poussent également des dizaines d'espèces florales rares, parmi lesquelles une grande variété d'orchidées.
La vallée de la Rospuda étant inscrite dans le réseau européen Natura 2000, les investissements y sont autorisés, mais ils sont soumis à des réglementations communautaires strictes, comme la Directive sur les oiseaux, qui impose une analyse détaillée de l'impact des projets sur l'environnement. Les effets du projet étant considérés comme trop nuisibles, la Commission Européenne s'y est opposée.
Après de nombreuses tergiversations, tous les acteurs ont acceptés de se rencontrer pour définir un nouveau tracé, qui contournerait la zone protégée et respecterait davantage les trajets migratoires des animaux sauvages. Les premières réunions ont permis de définir trois alternatives possibles, qui seront examinés selon des critères économiques et de transport, avant d'être soumis à nouveau à la Commission Européenne.