Plus d'innovation, de compétitivité et d'internationalisation. Tels sont les trois objectifs de la réorientation stratégique de la recherche polonaise pour la période 2007-2015. Pour y arriver, des évolutions majeures sont prévues au sein de la communauté scientifique polonaise.
Imaginées par le gouvernement précédent, elles ne devraient pas être bouleversées par la victoire de Donald Tusk et la nomination de Barbara Kudrycka au poste de Ministre de la science et de l'enseignement supérieur. Au programme : une réorganisation en profondeur des instituts de recherche et de leur mode de financement, une forte augmentation des moyens consacrés à la recherche et un renforcement de la coopération internationale.
Ainsi, à l'instar de ce qui se pratique dans de nombreux pays, le gouvernement souhaite d'abord séparer les activités de financement de la recherche de son exécution. Pour cela, il met en place une agence nationale de financement baptisée " centre national pour la recherche et le développement ". Celle-ci a pour but d'évaluer et de financer des activités de R&D sur la base d'appels d'offres compétitifs. La priorité est accordée aux projets de recherche finalisée associant des entreprises. Parallèlement, un certain nombre d'instituts de recherche seront réorganisés : fusions, privatisations et même fermetures sont annoncées.
Dans le même temps, le gouvernement ambitionne de doubler la part de la recherche dans le PIB du pays. Aujourd'hui à 0,62%, elle a pour objectif d'atteindre 1.,26% en 2015. Les dépenses de l'état seront multipliées par 2,5 et des mesures encourageront les dépenses privées. Des crédits d'impôts, des prêts bancaires et de nombreux avantages fiscaux inciteront les entreprises à plus investir dans la R&D.
Le troisième volet de la réorganisation est l'utilisation des fonds structurels européens. D'ici à 2013, l'état polonais projette d'affecter plus de 12 milliards d'euros pour moderniser les infrastructures de recherche et développer de nouveaux programmes, avec une priorité donnée aux jeunes chercheurs. La mobilité internationale des doctorants sera favorisée, grâce notamment à la Fondation Polonaise pour la Science. Celle-ci sera chargée de la mise en oeuvre de programmes destinés aux doctorants et aux post-doctorants. D'ores et déjà, la Pologne a prévu d'associer à cette initiative l'INSERM, l'INRA et d'autre organismes européens.