Environ deux millions de polonais ont quitté leur pays depuis l'accession de la Pologne à l'Union Européenne en 2004. Une plaie ouverte dans l'économie du pays, qui a particulièrement touché les entreprises du bâtiment et le secteur médical. Qu'en est-il des chercheurs ? Il semble qu'ils n'ont pas échappé à cet exode brutal, même si les statistiques manquent pour le moment.
En attendant la publication d'études fiables courant 2008, le Forum d'Europe centrale sur les migrations (CEFMR), basé à Varsovie, s'inquiète des résultats d'un questionnaire réalisé auprès des chercheurs polonais résidant en Allemagne et en Angleterre. Près d'un quart d'entre eux n'ont pas pour projet de revenir un jour en Pologne, et la moitié des questionnés n'apporte toujours pas de réponse précise. De quoi donner du crédit à un phénomène qui menace à terme la qualité la recherche polonaise, d'autant qu'il semble toucher principalement les post-doctorants, attirés par les meilleures conditions financières proposées par les pays d'Europe de l'ouest.
Des plans de réintégration sont d'ores et déjà mis en place pour lutter contre cela. La Fondation pour la Science polonaise (FNP) propose ainsi chaque année une quinzaine de bourses de retour pour jeunes chercheurs (moins de quatre ans après le doctorat). Ce programme, appelé 'Homing', finance des projets de recherche sur deux ans dans le but de réintégrer les Polonais au tissu de la recherche polonaise, tout en gardant des contacts poussés avec leurs pays d'accueil. Car la mobilité des chercheurs reste un des éléments prépondérants de la construction de l'Espace Européen de Recherche...