L'Institut international d'analyse des systèmes appliqués (IIASA), via son programme "Population mondiale", le Vienna Institute of Demography (VID) et l'université d'état de New York ont publié conjointement dans la revue Nature, une projection probabiliste (i.e. à chaque hypothèse -natalité, migrations...- est associé un intervalle de confiance) sur le vieillissement de la population mondiale couvrant le 21ème siècle. Ce travail comporte deux volets : une mise à jour des résultats de projections antérieures réalisée à partir de données plus récentes (2006) et une discussion sur les notions d'âge et de vieillesse introduisant de nouveaux indicateurs pour compléter les informations intuitivement attendues d'une telle étude, ce qui pourrait se résumer sommairement par : avoir 60 ans en 2000 n'a pas le même sens qu'en 1900.
Il ressort que l'accélération du vieillissement des humains aurait cours jusqu'à environ 2050, date à laquelle le vieillissement ralentirait. Il se poursuivrait cependant jusqu'à la fin du siècle. Cette tendance pourrait être constatée dans la plupart des grandes régions du globe. Par ailleurs, l'âge médian passerait de 26,6 ans en l'an 2000 à 45,6 ans en 2100, avec de larges différences régionales.
Dans le cadre de ces études, les démographes utilisent conventionnellement trois indicateurs : l'âge moyen, l'âge médian et la proportion de la population âgée de plus de 60 ans. Les auteurs ont défini parallèlement trois nouveaux indicateurs pour rendre plus pertinentes les comparaisons avec les périodes passées : 1- L'espérance de vie moyenne de la population. 2- Le PMA, l'âge d'une personne en 2000 avec l'espérance de vie d'une personne de l'âge médian de l'année N. 3- La proportion de la population dont l'espérance de vie est inférieure à 15 ans.
L'introduction de ces nouveaux indicateurs reflète l'influence des enjeux socio-économiques sur la dynamique de la représentation scientifique de notions telles que le "vieillissement de la population", en effet centrales pour les décideurs politiques.
Collaborations du VID avec l'Institut national d'études démographiques (INED)
Des relations privilégiées existent entre l'INED et le VID, qui se sont renforcées récemment, grâce en particulier aux coopérations scientifiques soutenues par le PCRD. L'INED participe au tout nouveau projet REPRO coordonné par le VID dans le cadre du 7ème PCRD qui vise à étudier les déterminants de la prise de décision dans le domaine de la fécondité en mêlant les approches micro et macro. L'INED et le VID collaborent également dans le cadre du programme "Generations and Gender" coordonné par l'Unité Population de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Europe, et de l'Ecole doctorale européenne de démographie actuellement accueillie par l'INED. Le VID et l'INED sont membres du Consortium board de l'école.
- Service de presse de l'Académie autrichienne des sciences, 21/01/2008 - "The coming acceleration of global population ageing", 20/01/2008, http://www.nature.com/nature/journal/v451/n7179/abs/nature06516.html - Echange avec Anne Goujon, du groupe de recherche "Dynamiques des populations et prévision" du Vienna Institute of Demography de l'Académie autrichienne des sciences - Echange avec Catherine Daurèle, direction des relations internationales de l'INED