Les modifications des conditions environnementales actuelles, en partie dues à l'activité humaine, induisent inéluctablement des changements sur la faune et la flore. Notamment, la production d'animaux d'élevage tend à réduire la diversité des espèces en privilégiant les plus avantageuses d'un point de vue agro-alimentaire, mais pas forcément en terme de résistance à l'environnement et aux maladies. Ces changements menacent, à court ou moyen terme, un grand nombre d'espèces vivantes.
Les espèces animales endémiques représentent un choix préférentiel dans la conservation de la biodiversité, comme l'a déjà souligné le projet européen ECONOGENE financé par le 5e Programme-Cadre. La Turquie présente l'avantage de ne pas avoir encore subi les effets d'une sélection intensive en ce qui concerne les animaux d'élevage.
Le ministère turc de l'Agriculture et des Affaires Rurales, en collaboration avec le TUBITAK (Conseil de la Recherche Scientifique et Technologique de Turquie) et avec dix universités turques, a décidé de lancer un projet visant à établir une banque génétique pour la conservation des espèces. Ce projet comprend plusieurs composantes : le prélèvement et le stockage des échantillons, le développement des biotechnologies du vivant permettant leur conservation, la caractérisation génétique des espèces endémiques, ainsi que la normalisation de ces données et leur diffusion.
Au total, 1350 animaux appartenant à 5 espèces différentes (chevaux, taureaux, buffles, chèvres et moutons) seront analysés. Ce programme, démarré en mars 2007, a été financé à hauteur de près de 10 millions de livres turques (soit environ 6M euros) et devrait durer quatre ans et demi.