Des généticiens travaillant dans le Centre de Biologie de Szeged (BRC) annoncent être les premiers au monde à avoir produits des chromosomes artificiels, mammifère (MAC). Mais ils sont déjà confrontés au manque de subventions, ce qui compromet grandement leurs futures recherches.
Les MAC sont un moyen de faire entrer dans la cellule une grande quantité d'information génétique. L'expression de chromosomes artificiels (ACE), basés sur l'ADN, peut être générée de manière reproductible un grand nombre de fois, dans des lignées de cellules de différentes espèces, et peut être purifié facilement des chromosomes de la cellule hôte. Plusieurs thérapies géniques, comme les traitements de la leucémie, peuvent bénéficier des découvertes du BRC.
Le professeur Gyula Hadlaczky, de l'Institut de Génétique du BRC (Académie des Sciences) explique que le brevet intellectuel pour cette technologie est devenu la propriété d'une société canadienne impliquée dans la recherche à la fin des années 90. Depuis, elle a dépensé des millions de dollars dans la recherche mais essentiellement au Canada et pas en Hongrie. Le principal produit issu de 20 ans de recherche a été acheté par GlaxoSmithKline en 2007 mais le BRC n'a touché aucunes royalties car le brevet est détenu par cette société canadienne. D'après lui, l'Institut n'a reçu aucune subvention de recherche depuis 2004, bien qu'il ait gagné le mois dernier les droits exclusifs sur la thérapie génique basée sur les MAC en Hongrie.
En dépit de tout ceci, le Conseil National de Recherche Scientifique (OTKA) a rejeté la candidature déposée par l'Institut pour obtenir une subvention de 500.000 euros. D'après le professeur Hadlaczky, ce refus met en danger la poursuite du programme de recherche qui visait à introduire différents types de thérapies géniques dans les cliniques hongroises durant les 5 prochaines années.
Le responsable de l'OTKA a quant à lui répondu que la politique du Conseil n'était pas de divulguer les détails de ses décisions de subventions. Il a également ajouté que l'OTKA ne peut financer que 20% des projets proposés.