Cette question, les chercheurs de l'équipe "Oeil et Nutrition" de l'Unité FLAVIC, vont essayer d'y apporter un commencement de réponse au cours des prochaines années, ceci dans le cadre du projet FATTY. Labellisé par le pôle de compétitivité Vitagora et co-financé par la région Bourgogne, Bausch & Lomb, une multinationale américaine intéressée notamment par les relations entre nutrition et vision, l'INRA et le CHU de Dijon, ce projet va peut-être permettre en effet à ces chercheurs de confirmer ce que certaines études encore parcellaires suggèrent fortement. "L'étude AREDS (Age Related Eye Disease Study), financée par le National Institutes of Health de Bethesda, aux Etats-Unis, a montré notamment qu'une consommation importante d'Oméga-3 pouvait prévenir la Dégénérescence Maculaire liée à l'Age ou DMLA", rappelle Lionel Bretillon qui co-dirige cette équipe avec Catherine Creuzot-Garcher.
Une cohorte de patients âgés est en cours de constitution. Ceux-ci sont issus, soit du registre des infarctus du département de la Côte d'Or (RICO) afin de prendre en compte l'aspect cardiologique, soit du registre des Accidents Vasculaires Cérébraux, pour l'aspect neurologique, mais également de services gériatriques où les patients, du fait de leur grand âge, présentent une prévalence importante de DMLA. "Il s'agit donc de rechercher chez ces patients si des facteurs nutritionnels les prédisposent à développer cette pathologie", précise le chercheur dijonnais. Ce projet est d'autant plus important que le nombre de personnes atteintes par cette maladie en France est estimé à 1,25 million. Qui plus est, ces travaux, bien que fondamenaux, laissent entrevoir, à plus ou moins long terme, le développement d'applications prometteuses. Rappelons qu'il existe déjà sur le marché des compléments alimentaires "dont on suspecte qu'ils peuvent améliorer le fonctionnement de la sphère oculaire", souligne Lionel Bretillon.