Cette observation, qui fait l'objet d'une publication dans Nano Letters du 12 mars 2008, a été réalisée par des checheurs de l'Institut Rayonnement Matière de Saclay (IRAMIS) du CEA et de l'Institut Charles Delaunay de l'Université de Technologie de Troyes. Il sont parvenus en effet à visualiser au microscope des plasmons à la surface de conducteurs mesurant 30 nanomètres. Rappelons que le plasmon est un phénomène qui présente toutes les caractéristiques d'une onde lumineuse. Néanmoins, il reste bloqué aux parois d'un métal conducteur. Et lorsque le diamètre de l'objet métallique est réduit à 30 nm, le plasmon développe un mode dit "lent". Les chercheurs parlent alors de "plasmon lent" dont la propriété est d'osciller à la fréquence de l'onde lumineuse tout en ayant une longueur d'onde très inférieure à celle de la lumière.
Si l'existence du plasmon était connu, il restait à l'observer concrètement. Il faut savoir que lorsque le plasmon excité par la lumière se propage sur le conducteur, différents effets secondaires apparaissent parmi lesquels l'émision d'électrons. Aussi les chercheurs ont-ils utilisé un microscope PEEM (Photo Emission Electron Microscopy) pour visualiser les plasmons à la surface de conducteurs. Ces travaux sont d'autant plus importants que l'utilisation de ces plasmons représente un enjeu majeur pour la miniaturisation recherchée des circuits imprimés. Plus petits et plus complexes, les dispositifs électroniques restent néanmoins limités à des fréquences usuelles de l'ordre du gigahertz. En revanche, les fréquences optiques, elles, sont un million de fois plus élevées. Mais les limites spatiales imposées par la longueur d'onde de la lumière empêchent une miniaturisation plus poussée. Pour réduire encore la longueur d'onde, et en quelque sorte comprimer la lumière, la solution pourrait donc consister à convertir le signal lumineux en plasmon.