Une étude de l'Institut allemand de recherche économique (DIW), présentée le 26 mars 2008 dans le cadre du Congrès sur les événements météorologiques extrêmes de Hambourg, conclut que le changement climatique et ses conséquences vont avoir un coût élevé pour l'Allemagne, et que celui-ci sera inégalement réparti entre les Länder : en valeur relative, les Länder les plus pauvres seront les plus touchés.
Le changement climatique devrait avoir, dans les 50 ans à venir, un coût d'environ 800 milliards d'euros pour l'Allemagne. Ce chiffre a été calculé dans l'hypothèse où la température de surface du globe s'élèverait de 4,5 degrés d'ici 2100, sans mesure de protection du climat. L'étude du DIW met également en évidence que le poids des conséquences du changement climatique sera inégal selon les Länder. Ainsi, une simulation a montré que les Länder les plus peuplés et les plus forts économiquement seront, en valeur absolue, les plus touchés. Ainsi, la Bavière et le Bade-Wurtemberg auront à assumer respectivement 15% et 17% des 800 milliards d'euros, soit plus de 110 milliards d'euros chacun.
Toutefois, une fois les coûts rapportés à la puissance économique de chacun des Länder, ce sont les régions les plus faibles économiquement qui auront à payer le plus pour le changement climatique. Ainsi, la Saxe-Anhalt devrait avoir à débourser 2,7% de sa valeur ajoutée brute, la Rhénanie-Palatinat 2,6% et la Thuringe 2,4%. Pour le Bade-Wurtemberg, la Bavière et la Rhénanie du Nord-Westphalie, ce montant s'élèverait "seulement" respectivement à 1,2%, 0,9% et 0,5% de leur valeur ajoutée brute. "Compte-tenu de leur puissance économique, certains Länder seront cinq fois plus touchés par le changement climatique que d'autres", résume Claudia Kemfert du DIW. Le Brandebourg aura également à supporter des coûts élevés en regard de sa situation économique difficile.
Les experts attendent des conséquences variables du changement climatique suivant les régions : alors que le sud et l'est de l'Allemagne seront plutôt confrontés à un risque accru de périodes de sécheresse, le centre et le sud-ouest devraient surtout avoir à gérer des précipitations violentes en automne et en hiver. L'étude pointe, par ailleurs, un certain nombre de secteurs dans lesquels les conséquences du changement climatique seront particulièrement sensibles. L'agriculture et la sylviculture vont être confrontées à des pertes de rendement dues à des sécheresses estivales prolongées et seront, dans certaines régions, inféodées à la mise en place de dispositifs de lutte contre les crues. Dans le secteur énergétique, des problèmes de ravitaillement en énergie - et des hausses de prix - sont à craindre du fait de pénuries d'eau de refroidissement en cas de sécheresse ou à cause de dommages sur le réseau de distribution à la suite d'événements climatiques violents. Le secteur de la santé pourrait, lui aussi, avoir à faire face à de nouvelles dépenses liées au développement en Allemagne de maladies pour l'instant cantonnées aux zones tropicales et subtropicales. Enfin, des conséquences importantes du changement climatique sont à prévoir sur l'économie touristique : reconversion des stations de ski, tandis que les côtes du Nord de l'Allemagne pourraient profiter des évolutions du climat.
Prof. Dr. Claudia Kemfert, chef du département "Energie, Transport, Climat" de l'Institut allemand de recherche économique - email : ckemfert@diw.de - http://www.diw.de