Selon une étude publiée dans la revue nord-américaine Proceedings of the National Academy of Science (PNAS), les méthodes conventionnelles d'amélioration des plantes induisent plus d'altérations dans les plantes que le génie génétique.
Par génie génétique, un gène spécifique est introduit dans le génome pour apporter un caractère précis et donne naissance à un organisme génétiquement modifié (OGM). Dans les méthodes classiques d'induction de la variation génétique telle la mutagenèse par exemple, les plantes sont soumises à des altérations génétiques aléatoires (provoquées par exemple par des rayonnements gamma), puis on choisira un caractère agronomique d'intérêt qui sera conservé dans la descendance. Des chercheurs du Département d'Alimentation et de Nutrition de l'INSA (Institut National de Santé Ricardo Jorge) se sont demandés si la différence des tests d'évaluations des risques pour la mise sur le marché des deux méthodes (OGM ou mutagenèse) était justifiée. Aujourd'hui, selon la technique de création variétale utilisée, les tests obligatoires ne sont pas de même nature et sont moins contraignants pour les variétés obtenues par mutagenèse.
En utilisant la technologie des puces à ADN, méthode permettant d'obtenir une photographie de l'expression des gènes d'un organisme, les chercheurs ont démontré que dans le cas du riz, le nombre de gènes dérégulés était environ deux fois plus important dans le cas de mutagenèse que dans le cas du génie génétique. Bien que ces changements d'expression ne soient pas nécessairement corrélés avec un risque identifié, cette étude suggère que la validation pour la sécurité alimentaire des plantes améliorées soit effectuée au cas par cas et non en limitant certains tests aux seules plantes obtenues par génie génétique.
- "Métodos convencionais para melhorar agricultura alteram mais as plantas do que a engenharia genética" - CiênciaHoje - 25/02/2008 - http://www.cienciahoje.pt/ - "Microarray analyses reveal that plant mutagenesis may induce more transcriptomic changes than transgene insertion" Rita Batista, Neslon Saibo, Tiago Lourenço, and Maria Margarida Oliveira. PNAS, 115(9), 3640-3645, 04/03/2008.