L'étude "Exzellenzinitiative" constitue un point de référence des réflexions actuelles sur les clusters thématiques de recherche. Conduite fin 2006 par le Fonds autrichien pour la recherche fondamentale (FWF), elle comportait une partie visant à révéler un potentiel de développement de tels clusters en physique/mathématiques, et sciences du vivant, ceci en se basant sur l'analyse de la banque de données des recherches financées par le FWF.
Eu égard aux objectifs de l'étude - identifier des thèmes de recherche effective porteurs d'excellence - le stock de données, bien que partiel, est riche d'enseignements. On estime en effet que les scientifiques ayant conduit des recherches financées par le FWF représentent 20 à 25% de la communauté scientifique d'Autriche et selon l'indice "ReBased Impact [1]" les projets des programmes thématiques et réseaux du FWF se positionnent d'un facteur cinq au-dessus de la moyenne autrichienne. Autrement dit, s'il existe un vivier de tels clusters, il est très probablement représenté dans l'échantillon sélectionné.
Pour chacun des deux champs disciplinaires, les programmes de financement étant variés, les auteurs de l'étude ont été obligés de mettre en oeuvre deux méthodologies distinctes. Ainsi, l'étude fait apparaître deux ensembles de libellés de clusters. L'ensemble A procède de l'analyse des programmes de financement de l'excellence (prix etc.) et thématiques, et l'ensemble B de l'analyse des projets de recherche (60% des activités du FWF).
Ainsi pour les sciences du vivant, l'ensemble A compte huit clusters et l'ensemble B, pour une analyse qui a porté sur 1.236 projets, compte deux principaux clusters eux-mêmes subdivisés en sous-clusters :
Et en physique/mathématiques, l'ensemble A compte neuf clusters et l'ensemble B, pour une analyse qui a porté sur 202 projets en physique et 252 projets en mathématiques, compte trois clusters en physique et trois en mathématiques :
Il ressort de l'étude que sur les environ 1.900 projets pris en compte, y compris les prix, les réseaux... près de 35% s'intègrent dans un cluster, indépendamment de la discipline considérée. De plus, il apparaît que parmi les clusters révélés, il y en a de plus importants que les clusters déclarés. En revanche, si le référent choisi pour l'interprétation est le montant des financements FWF, alors 60% des fonds, soit 300 M euros sur 500, bénéficieraient à un cluster thématique.
Enfin, il semble que cela soit en biologie générale que les thèmes de recherche issus des analyses A/ et B/ se recoupent le moins. Les auteurs interprètent cette situation en concluant qu'il y aurait dans ce champ disciplinaire davantage d'opportunités d'officialisation de clusters thématiques de recherche.
[1] Cet indice est le rapport entre le nombre de citations d'une publication et le nombre de citations en moyenne annuelle d'une publication du journal.