Le plateau du Deccan, dans le sud de l'Inde est une formation géologique qui date du crétacé. Elle a été formée il y a 65 millions d'années, par une activité volcanique intense. Ce plateau, d'une superficie équivalente à celle de la France, est constitué essentiellement de basalte.
Le basalte est une roche potentiellement intéressante pour la séquestration du carbone puisqu'elle est non poreuse et contient du calcium. Sous certaines conditions de température et de pression, elle peut ainsi fixer du carbone en quelques semaines en formant du carbonate de calcium (CaCO3) solide.
Une équipe du National Geophysical Research Institute (NGRI) travaille donc en Inde sur la séquestration du carbone dans ces roches. Selon V.P. Dimri, directeur du NGRI, qui s'exprimait à l'occasion de l'Indian Science Congress, les premiers résultats sont encourageants, le dioxyde de carbone étant transformé en carbonate de calcium ou en carbonate de magnésium.
Selon des études réalisées par l'Idaho National Laboratory, le potentiel de séquestration d'une couche de basalte de 85.000km2 aux Etats-Unis pourrait permettre de stocker 100 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Si le basalte indien a les mêmes capacités d'absorption, le potentiel de séquestration du plateau du Deccan pourrait tourner autour de 600 milliards de tonnes de CO2. Cette quantité représente approximativement la quantité de dioxyde de carbone produite par les activités anthropiques durant douze années.
La séquestration dans le basalte est toutefois loin d'être la méthode de séquestration privilégiée aujourd'hui dans le monde. Cette méthode présente en effet le défaut de n'être qu'une méthode de séquestration, au sens où elle n'apporte pas de plus value, comme peuvent le faire les méthodes consistant à injecter le CO2 dans des gisements de pétrole ou de gaz naturel en fin de vie. Ces dernières permettent en effet de récupérer une partie des gisements résiduels et de rentabiliser la technique au-delà du simple gain écologique.