Le gouvernement japonais a organisé une réunion interministérielle, le 9 avril 2008 pour actualiser le "plan de préparation à une pandémie de grippe de nouveau type".
Le projet, défini lors de cette réunion, propose de faire revenir tous les expatriés japonais souhaitant rentrer au Japon en cas de survenue de transmission interhumaine de grippe de nouveau type dans un pays étranger, à condition qu'ils n'aient pas été eux-mêmes contaminés. En même temps, ils ont évoqué le durcissement des conditions d'entrée des étrangers sur le territoire japonais, ainsi que le refus à l'entrée de japonais qui seraient contaminés.
Ce projet complète le "plan de préparation à une pandémie de grippe de nouveau type" pour la phase 4, c'est à dire la phase où apparaissent des cas de transmission interhumaine, limités localement à de petits groupes en dehors du Japon. Si les cas de grippe de nouveau type surviennent dans une ville avec laquelle le Japon a un vol direct, le nombre de vols réguliers au départ de cette région sera progressivement diminué. Ce projet prévoit aussi l'utilisation d'avions et de bateaux du gouvernement, des forces armées d'autodéfense et de la garde maritime pour le rapatriement des japonais expatriés non contaminés, au cas où les vols réguliers ne suffisent pas à assurer le rapatriement.
Les expatriés japonais contaminés devront être pris en charge par les Ambassades et Consulats du Japon et ils ne pourront pas être rapatriés. L'entrée sur le territoire japonais se fera uniquement à partir de quatre aéroports, Narita (Tokyo), Kansai (Osaka), Chubu et Fukuoka et de trois ports (Yokohama, Kobe, Kanmon). L'état de santé ainsi que l'historique des déplacements des personnes entrantes seront contrôlés et les mesures de quarantaine renforcées, telles qu'hospitalisation des cas suspects de personnes revenant de régions où des cas de transmissions interhumaines existent. De plus, la délivrance de visa sera refusée aux étrangers tant que l'absence de contamination ne sera pas vérifiée.
Ce projet doit encore être étudié par les experts médicaux et le gouvernement souhaite inclure ce projet dans le "plan de préparation à une pandémie de grippe de nouveau type" avant le mois de juillet prochain.
Parallèlement à ce projet, le Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales japonais (MHLW) a annoncé une campagne de vaccination pré-pandémique contre la grippe aviaire H5N1 de 6.000 japonais parmi les plus exposés professionnellement : médecins et personnels hospitaliers des services concernés par la prise en charge de cas humains de grippe aviaire, personnel des services de quarantaine et douaniers. Par la suite, environ dix millions de personnes pourraient être vaccinées à leur tour comprenant entre autres, tous les personnels médicaux, les policiers, les députés etc.
Le vaccin utilisé est celui fabriqué par deux compagnies japonaises (BIKEN Research Foundation for Microbial Diseases de l'université d'Osaka et l'Institut Kitasato), qui ont obtenu l'autorisation de mise sur le marché de leur vaccin pré-pandémique en octobre 2007 après des essais cliniques montrant son efficacité chez l'adulte. De plus, des essais cliniques de ce vaccin vont démarrer avant la fin de l'année, chez des enfants de plus de six mois et des adolescents (environ cent vingt enfants et adolescents âgés de 6 mois à 19 ans) afin de déterminer les doses nécessaires et de vérifier l'efficacité et l'absence d'effets secondaires.
Le Japon a en stock suffisamment de doses de vaccin pour vacciner vingt millions de personnes, 1/4 de doses étant préparées à partir de la souche H5N1 vietnamienne, 1/4 de la souche H5N1 indonésienne et 1/2 de la souche H5N1 chinoise. La vaccination des 6.000 japonais parmi les plus exposés se fera avec des doses de vaccins préparés à partir des souches indonésiennes et chinoises et la présence d'anticorps dans le sang sera ensuite mesurée afin d'évaluer le niveau de protection.