L'infestation de l'ouest canadien par le dendoctrone du pin (dendroctonus ponderosae) n'a pas seulement un effet désastreux pour la forêt (13,5 millions d'hectares sont touchés et l'insecte dévastateur poursuit sa progression vers les rocheuses et le sud de la Colombie Britannique), mais elle pourrait avoir aussi un impact sur le réchauffement climatique. C'est ce que révèle une étude publiée cette semaine dans la revue Nature par des chercheurs du Pacific Forestry Centre de Victoria et du Ministère des Forêts de Colombie Britannique.
Dans cette étude, ils montrent que les destructions engendrées par cet insecte risquent de contrecarrer les efforts du Canada pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Non seulement les forêts détruites ne peuvent plus jouer leur rôle d'absorption de gaz carbonique et de production d'oxygène, mais la décomposition des arbres morts contribue à l'émission de dioxyde de carbone. Les chercheurs estiment qu'entre 2000 et 2020, 374.000 km carrés de forêts seront détruits et produiront 270.000 mégatonnes de dioxyde de carbone (l'équivalent des émissions de gaz carbonique engendrées par le secteur des transports dans tout le Canada pendant cinq ans).
En l'absence d'hivers suffisamment rigoureux qui pourraient enrayer l'infestation, les auteurs préconisent de débarrasser les forêts du bois en décomposition et de planter de nouveaux arbres.
Mountain pine beetle and forest carbon feedback to climate change, W. A. Kurz, C. C. Dymond, G. Stinson, G. J. Rampley, E. T. Neilson, A. L. Carroll, T. Ebata & L. Safranyik, Nature, 452, 987-990 (2008), doi:10.1038/nature06777 - http://www.nature.com/nature/journal/v452/n7190/full/nature06777.html