Un nouveau mécanisme de communication des cellules tumorales vient d'être mis a jour par l'équipe du Dr Janusz Rak de l'Institut de recherche du Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM), avec la collaboration du Dr Guha de l'Université de Toronto.
Les cellules cancéreuses peuvent communiquer avec d'autres cellules, saines ou moins malignes, en émettant des vésicules. Ces structures en forme de bulles contiennent des protéines oncogènes (causant le cancer) qui peuvent déclencher des mécanismes spécifiques à l'intérieur des cellules avec lesquelles elles fusionnent. Ces découvertes pourraient changer notre conception du fonctionnement des tissus cancéreux, et mener à des innovations cliniques majeures. Certaines cellules tumorales du cerveau sont connues pour exprimer à leur surface une version mutée du Facteur de croissance épithélial de type 3 (EGFRvIII), cette dernière a une influence majeure sur la malignité de toute la tumeur.
"Comment expliquer qu'une si faible minorité de cellules ait un impact si important?" L'étude révèle que la version mutée d'EGFRvIII stimule l'émission de petites vésicules à partir de la membrane cellulaire, qui portent à leur surface plusieurs copies de la version mutante d'EGFRvIII. Elles ont été baptisées "oncosome". Les oncosomes vont se déplacer hors de la cellule tumorale jusqu'à ce qu'ils rencontrent une cellule saine ou tumorale bénigne et fusionnent avec elle. Bien que cette transformation ne soit que transitoire, elle a un impact important sur toute la tumeur en provoquant une augmentation plus rapide du nombre de cellules et en stimulant la croissance de vaisseaux sanguins, un des marqueurs des tumeurs malignes du cerveau. En effet, la présence d'oncosomes (contenant des protéines EGFRvIII ou d'autres protéines) dans le sang des patients cancéreux pourrait devenir un marqueur clinique et permettre d'établir certaines des caractéristiques moléculaires de la tumeur sans nécessiter le recours à une chirurgie ou une biopsie invasive.