Un étudiant en démographie de l'Université de Montréal s'est intéressé de près au taux de reproduction de l'homme en fonction de l'âge. Un domaine finalement très peu documenté contrairement à nos connaissances sur la fertilité de la femme.
En ayant recours aux données démographiques des siècles passés, Frédéric Payeur a voulu répondre à une question laissée de côté par la biologie de reproduction. En effet les expériences in vitro sur les spermatozoïdes ne reflètent pas vraiment la capacité de l'homme à procréer. Cette capacité est par ailleurs difficile à évaluer chez les hommes de 50 ans car la fertilité de leur compagne du même âge cesse à la ménopause.
Le jeune chercheur a ainsi analysé la fécondité, sur une période de 5 ans, de 29.000 unions, datées de 1640 à 1775. Dans 1350 de ces cas l'homme était âgé de plus de 40 ans et la femme de moins de 30 ans. "Le remariage des veufs était systématique même après 50 ans et avec des femmes plus jeunes" souligne le jeune chercheur, qui estime ainsi avoir le meilleur échantillon possible, la principale variante étant la capacité de l'homme à procréer en fonction de l'âge.
Les résultats de l'analyse ont montré que le potentiel reproducteur des hommes de plus de 50 ans équivalait à 90% de celui d'un homme de moins de 30 ans (2,5 enfants contre 2,8). Ce taux est encore de 80% quand les hommes atteignent 60 ans avec une moyenne de 2,2 enfants, il semble baisser plus rapidement par la suite. "Ces résultats sont fondés sur une population qui bénéficiait de conditions très favorables et qui n'était pas affectée par les polluants d'aujourd'hui" souligne cependant le jeune chercheur.
Bertrand Desjardins, Faculté des arts et des sciences - Démographie, Université de Montréal - tél : 514-343-7613 - email : bertrand.desjardins@umontreal.ca