Des chercheurs ont démontré que des agents artificiels autonomes permettaient de contrôler les comportements sociaux d'animaux organisés en groupe. Il s'agit bien de créer une société mixte hybride en faisant cohabiter une espèce animal et des robots programmés pour se comporter comme "leurs congénères" et dotés d'une intelligence artificielle c'est-à-dire pouvant adapter leurs actions en fonction de la réaction des animaux
Les blattes ou les fourmis sont les sujets d'étude favoris des chercheurs de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) mais tout système animal doté d'un comportement collectif en société est susceptible d'être étudié. Les individus artificiels constituent un leurre en établissant un canal de communication, par exemple chimique, avec une libération de phéromones.
En collaboration avec d'autres équipes de chercheurs, le poisson, le singe, le mouton ou encore plus récemment le poussin sont des modèles intéressants d'étude de part leur comportement sociétal. Dans le cas du poussin, le lien établi entre robot est d'origine maternelle. En effet, un poussin, dès sa sortie de l'oeuf, assimile le premier stimuli sensoriel (bruit, mouvement, odeur...) à une présence maternelle. Cette étude en cours pourra permettre la compréhension de certains comportements du poussin (reconnaissance de la mère, perception longue distance, communication sonore, mimétisme...).
Les perspectives sont multiples : comprendre les mécanismes d'auto organisation et l'émergence de l'intelligence collective, cerner les processus de décision, influencer les comportements collectifs en introduisant des individus artificiels. Les principales applications envisagées sont principalement dans l'élevage pour l'optimiser ou la faciliter : moduler les mouvements de groupe ou encore gestion des troupeaux sur des grands espaces
Cette découverte est le fruit de la rencontre entre le service d'écologie sociale de l'ULB, avec des chercheurs du CNRS de l'université de Rennes 1 qui effectuent des recherches sur les systèmes sociaux des animaux et des ingénieurs de l'école polytechnique de Lausanne qui cherchent à construire des systèmes artificiels intelligents. Cette étude est menée au sein du projet européen Leurre et a été publiée dans la revue Science fin 2007.