Des chimistes de l'Université de Iéna ont développé un système de conditionnement d'air pour les véhicules. L'odeur du "neuf" dans les voitures pourrait mettre en danger la santé des passagers : elle serait le résultat de combinaisons des gaz s'échappant des matériaux de l'intérieur de la voiture. C'est pourquoi d'après le Prof. Günter Kreisel de l'Institut de chimie technique et environnementale (ITUC) de l'Université Friedrich-Schiller à Iéna, il serait nécessaire de débarrasser l'air de l'habitacle efficacement de ses potentiels polluants; une tâche qui s'avère plus difficile qu'on n'imagine car même les matériaux traités dégazeraient encore des années après traitement.
En commun avec l'entreprise Helsa-Automotive GmbH, le Prof. Kreisel et son équipe ont développé un modèle de système de conditionnement de l'air permettant la dégradation en continu des gaz nocifs présents. Ce système est composé d'un mini-réacteur doté de diodes électroluminescentes (LED) performantes et d'un "array" (tableau/circuit) qu'ils ont développé en partenariat avec l'entreprise Innotas Eletronik GmbH. Les chimistes ont eu par ailleurs recours à un catalyseur : un grillage en aluminium avec un revêtement d'oxyde de titane (appliqué via un procédé SOLECTRO développé par l'Université de Iéna)."Les LEDs que nous avons utilisées émettent dans le domaine des UV-A [1], ce qui favorise la formation de radicaux libres sur le catalyseur", explique Andreas Kirsch. "Les radicaux libres obtenus sont hautement réactifs et réagissent avec les éléments polluants qu'ils décomposent par la même occasion".
Le groupe de travail de l'ITUC a testé l'efficacité du système sur différents gaz-test, entre autres le toluène et l'acétaldéhyde. Les tests avec l'acétaldéhyde ont montré qu'un rayonnement par LED de plus de deux heures permettait d'abaisser le taux d'acétaldéhyde d'environ 50%. Pour le toluène, environ un tiers s'est décomposé. "Nous avons pu ainsi montrer que le principe de notre système est adapté pour décomposer les éléments polluants", explique le Prof Kirsch. L'essentiel serait à présent d'optimiser le système, les travaux étant encore au stade de projet. La Fondation allemande pour l'Environnement (DBU) soutient ce projet à hauteur de 200.000 euros.