La République tchèque est sur le point de conclure un accord avec le Japon afin de vendre son surplus de permis d'émission de CO2, qui représente 150 millions de tonnes métriques et dont la valeur s'élève à plus de 10 milliards de couronnes (400 M euros). Le ministère de l'Environnement négocie actuellement avec plusieurs pays qui rencontrent des problèmes pour remplir leurs obligations définies par le protocole de Kyoto, mais c'est avec le Japon que le processus est le plus avancé ; la transaction devrait se faire au milieu de l'année 2008. Cependant, le ministère n'a pas révélé son montant, ni combien de tonnes métriques le gouvernement japonais souhaitait acheter.
Alors que dans le cadre du Système Communautaire d'Echange de Quotas d'Emissions de gaz à effet de serre (SCEQE) ce sont les entreprises qui échangent les crédits de carbone, le protocole de Kyoto donne ce rôle aux Etats. Puisque l'obligation de respect des engagements du protocole a commencé en 2008, c'est la première année que la République tchèque a l'occasion de tirer profit de son surplus de permis d'émission. Contrairement aux pays occidentaux, les sociétés post-communistes n'ont aucun mal à respecter leurs engagements. En effet, leur transition vers une économie de marché a conduit à l'élimination ou à la modernisation des industries polluantes. Selon Jakub Kaspar, le porte-parole du ministère de l'Environnement, la République tchèque produit 23% de moins de gaz à effet de serre qu'en 1990, alors que le protocole de Kyoto impose une réduction de seulement 8% par rapport à cette même année.
Néanmoins, en matière de pollution, le pays doit faire face à un problème concernant les émissions de particules par les chaudières domestiques à charbon. Celles-ci ne contribuent pas au changement climatique mais ont des répercussions sur la santé des habitants. Le géant énergétique CEZ, contrôlé par l'Etat, a récemment proposé d'utiliser une partie des revenus issus de la vente des permis d'émission de CO2 pour tester une unité de captage et de stockage du carbone. L'idée serait de séparer le dioxyde de carbone des rejets industriels et de l'enfouir. Le ministère de l'Environnement a déclaré qu'il ne soutiendrait pas le projet, alors que celui de l'Industrie et du Commerce y est plus favorable.
BE République Tchèque numéro 3 (2/05/2008) - Ambassade de France en République Tchèque / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54461.htm