Le Conseil pour la recherche et le développement technologique (RFT) a rendu un avis pour inciter les pouvoirs publics autrichiens à soutenir davantage la recherche dans les humanités, les sciences sociales et culturelles, d'acronyme allemand GSK ("Geistes-, Sozial- und Kulturwissenschaften"). Le RFT prend acte des efforts consentis, notamment par l'Agence autrichienne de soutien à la recherche fondamentale (FWF), mais relève qu'une faible partie des mesures qu'il avait préconisées en 2003 ont été mises en oeuvres. Aussi, a-t-il décidé d'actualiser ses recommandations.
Selon le RFT, la recherche dans ces disciplines rencontre trois ensembles de problèmes : les financements sont à court terme et fragmentés ; la dimension programmatique et thématique du soutien n'est pas suffisante ; et les travaux réalisés dans les GSK ne sont pas stratégiquement utilisés par les politiques. Cette situation conduirait à une fragmentation structurelle, tant du point de vue du contenu que des thèmes et à un partitionnement de l'organisation. En outre, l'allocation des ressources serait confuse et les résultats de recherche manqueraient de lisibilité. Enfin, les frontières entre les recherches fondamentale et appliquée et entre la recherche universitaire et extra-universitaire, seraient particulièrement imperméables.
Pour ces raisons, le RFT recommande sept actions :
- les mesures structurantes devraient procéder des conditions du financement qui prévoiraient dès lors des incitations à la coopération et des thématiques à long terme. La pertinence des thèmes sélectionnés devrait être assurée par des études de prospective.
- Les priorités thématiques devraient avant tout être connectées avec les enjeux sociétaux : migration, vieillissement, différences culturelles...
- Les nécessaires réformes de structure du financement de la recherche en GSK comprennent la focalisation et coordination complètes des mesures de soutien au niveau de la planification en concertation avec le plan opérationnel.
- L'attribution des moyens devrait suivre un schéma d'assurance qualité via évaluation, en prenant en considération les différents cycles de l'innovation, les systèmes d'organisation et de travail des disciplines GSK.
- Il faudrait également s'attacher à ce que les moyens mis en oeuvre pour la recherche de long terme en GSK autorisent les thésards à mener à bien leur projet en trois ans.
- Les mesures existantes, qui ne sont pas dédiées spécifiquement aux GSK, devraient cependant faire l'objet d'une évaluation de leur compatibilité avec les GSK. Ainsi, le projet des clusters d'excellence [1] devrait être réalisé dans cette perspective.
- Après l'étude détaillée des modèles internationaux de financement de la recherche, il apparaît que soutenir indirectement via des incitations fiscales la recherche par l'intermédiaire des entreprises et par la création de fondations devraient être encouragé.
Préalablement à la formulation de ces recommandations, le RFT avait réalisé une étude visant à évaluer et analyser la paysage autrichien de la recherche dans les GSK. L'avis du RFT reprend l'essentiel des conclusions du rapport.
Chiffres sur les GSK en Autriche
Les GSK représentent un total de 583 instituts actifs. Parmi ceux-ci, 272 instituts sont universitaires, 36 relèvent de la tutelle de l'Académie autrichienne des sciences, 17 de la Société Ludwig Boltzmann. Le secteur compte 7859 personnes employées dans la recherche proprement dite, essentiellement dans les instituts universitaires avec 5 334 emplois contre 2.525 dans les instituts extra-universitaires. Considérées simultanément, ces données reflètent le morcellement de la recherche extra-universitaire, huit à dix chercheurs par institut en moyenne, environ 19 dans les instituts rattachés à une université.