De nombreuses personnes ont soutenu l'idée de faire du Svalbard un modèle de la politique norvégienne en matière d'environnement et de technologie d'énergies propres. Dans ce contexte, le Centre Universitaire du Svalbard (UNIS), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Bergen (UiB), cherche à collecter des informations sismiques dans la région de Longyearbyen afin de déterminer s'il sera possible d'emmagasiner du CO2 dans le sol. Un câble de 1500 mètres de long, équipé de microphones et de mèches explosives, va ainsi "interroger" les différentes couches du sol. Les ondes de choc qui en résulteront permettront d'apporter une réponse sur un possible stockage fiable du CO2. Le plus important à ce stade est d'évaluer la probabilité de pouvoir utiliser le sous-sol du Svalbard comme zone de stockage pour le CO2. Le sous-sol poreux, qui contient quelques réserves de pétrole et de gaz, le laisse supposer. Les couches d'argile et le permafrost peuvent aussi renforcer la protection.
Jusqu'au 18 avril, environ 14 personnes ont effectué la collecte des informations sismiques sur trois lignes entre l'aéroport et la vallée d'Adventalen (aux portes de Longyearbyen) et, ainsi, évalué les caractéristiques de ce site. L'UNIS a obtenu de "l'Autorité de Contrôle Pétrolière" (Petroleumtilsynet ou Petroleum Safety Authority) l'autorisation de forer deux puits à proximité de Longyearbyen. Si les résultats des tests sismiques apparaissent favorables, la prochaine étape sera l'injection de CO2 dans ces puits, à petite échelle, pour en observer le comportement et en surveiller la circulation dans les couches rocheuses.
"Le climat rend cette contrée particulièrement sensible et il faut faire preuve d'une grande vigilance afin de ne pas laisser de traces dans le sol", estime le Professeur Tor Arne Johansen de l'Institut de Géologie de l'Université de Bergen. Les chercheurs de l'Université de Bergen ont une longue expérience des recherches sismiques en zone polaire, à la fois en mer et sur terre. Auparavant, les ondes sonores étaient utilisées pour se faire une idée de la structure de la couche terrestre mais les caractéristiques acoustiques des différents types de roches informent aussi sur les processus physiques et chimiques auxquels elles sont soumises. "On suit le même principe que pour la surveillance de la production pétrolière et gazière. Le défi au Svalbard, c'est que la couche superficielle fond puis gèle. Cela rend les conditions d'écoute difficiles. Mais il nous faudra bien résoudre ces difficultés quand on les rencontrera", mentionne le Professeur Johansen, qui co-opère aussi avec Bergen Oilfield Services.
L'UNIS et l'UiB ont le soutien de l'américain Conoco Phillips, de Gassnova (Centre for Gas Power Technology) et de la société minière Store Norske Spitsbergen Kullkompani pour ce projet. Pour le côté recherche, participent également l'Institut de Géologie de SINTEF et NGU (Norges Geologiske Undersøkelse).