Les anti-inflammatoires non stéroïdiens AINS sont des médicaments aux propriétés analgésiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires dont les plus connus sont l'aspirine et l'ibuprofène. Les cibles principales de ces médicaments sont les enzymes cyclo-oxygénase COX qui jouent un rôle important dans l'homéostasie, la régulation des réactions inflammatoires ou encore la formation de tumeurs. Par ces effets, les AINS peuvent inhiber le développement des cancers.
Une équipe de chercheurs des Universités nationales Sun-Yat-Sen et médicale de Kaohsiung a révélé que les AINS peuvent réguler plusieurs agents anti-métastatiques des cellules cancérigènes situées dans les poumons : la protéine SPARC (protéine secrétée, acide et riche en cystéine), les molécules thrombospondine-1 (TSP-1) et thrombospondine-3 (TSP-3) ou encore les tissus inhibiteurs du métalloprotéinase-2 (TIMP-2).
Les expériences effectuées suggèrent que l'augmentation de la quantité de ces agents est directement liée à l'inhibition des invasions tumorales et des métastases par les AINS. Selon le professeur HUNG Wen-Chun, doyen du Collège des sciences de l'Université nationale Sun-Yat-Sen, cette régulation est conduite par le blocage de l'expression de l'ADN méthyle-transferase (DNMT) qui réactive la transcription génétique.
Une méthylation trop importante des gènes suppresseurs de tumeurs est fréquemment trouvée dans de nombreux types de cancers et intervient dans la formation de tumeurs. Des agents bloquant la méthylation et ayant un effet anti-cancérigène ont été récemment répertoriés, notamment l'azacitidine. Par cette étude, certains AINS pourrait avoir le même rôle que ces agents et permettre ainsi l'élaboration de nouveaux médicaments.