L'évolution des espèces basée sur des processus aléatoires comme la sélection naturelle, est un mécanisme beaucoup trop lent pour permettre l'émergence d'êtres vivants aux propriétés nouvelles et complexes. Tel est un des arguments scientifiques phares des défenseurs du "dessein intelligent", cette version moderne et en vogue du créationnisme qui fait appel à une puissance supérieure pour expliquer la présence humaine sur Terre.
L'étude dirigée par Mark Isalan et Luis Serrano du Centre pour la Régulation Génomique de Barcelone (CRG) et publiée dans le dernier numéro de la prestigieuse revue scientifique Nature, met à mal cet argument. En effet, après avoir mis au point une méthode de connexion des réseaux d'information du génome de la bactérie Escherichia coli entre eux (normalement, ces réseaux ne sont pas connectés), M. Isalan et ses collègues montrent que non seulement la majorité des bactéries survivent mais qu'elles acquièrent de nouvelles propriétés positives comme l'augmentation de la résistance à la température ou l'augmentation de l'espérance de vie.
Cette tolérance et réactivité positive à une modification génétique importante provoquée est une belle évidence expérimentale de la capacité incroyable d'adaptation des organismes vivants. La méthode de connexion développée permet quant à elle, d'entrevoir tout un champ d'applications possibles, notamment en biomédecine.
- Centre pour la Régulation Génomique, CRG, Barcelona : http://pasteur.crg.es - Article : Isalan M, Lemerle C, Michalodimitrakis K, Beltrao P, Horn C, Raineri E, Garriga-Canut M and Serrano L. "Evolvability and hierarchy in rewired bacterial gene networks". Nature, doi:10.1038/nature06847 (2008) - Contact : Mark Isalan - email : isalan@crg.es