Nous l'évoquons dans le rapport paru tout récemment "La recherche en Catalogne" [1] mais aussi dans l'article de ce même numéro du BE Espagne consacré aux centres Gune du Pays Basque [2] : dans ces deux régions, la recherche de haut niveau passe par le recrutement des meilleurs talents, d'où qu'ils soient. Et aujourd'hui en Espagne, ces deux régions ne sont pas des exceptions en la matière : le Centro Nacional de Investigaciones Oncológicas de Madrid ou le Centro de Investigación Príncipe Felipe de Valence par exemple, ont "signé" en début d'année deux grands chercheurs en biomédecine, Erwing Wagner et Miodrag Stojkovic respectivement.
"L'Espagne recrute désormais des cracks de la science" analysait récemment La Vanguardia ; "Cerveaux importés" titrait El País il y a peu ou encore "Les superecrues rejoignent la science espagnole" selon l'Expansión. La qualité des centres qui ont vu le jour ces dernières années, fait en effet de l'Espagne un pays scientifiquement attractif. Cette prise de conscience des médias est peut être liée aux très bons résultats obtenus par le pays lors de l'attribution des premiers Starting Grants de l'European Research Council avec un nombre important de jeunes primés pour monter des projets de recherche en Espagne [3].
Et ce sentiment d'auto estime retrouvé marche aussi quand il s'agit de faire le bilan des scientifiques espagnols qui ont réussi aux Etats-Unis : L'Expansión par exemple, par analogie avec ce sport très populaire ici qu'est le basket et son très suivi championnat américain, analysait le "All star" de la science espagnole et cinq de ses vedettes en biomédecine.
Dans ce contexte, la création d'un ministère de la recherche à part entière au sein du nouveau gouvernement espagnol, el Ministerio de Ciencia e Innovación, ainsi que sa composition, semblent avoir les faveurs des commentaires : la ministre est Cristina Garmendia Méndizabal, une chercheuse devenue chef d'entreprise dans le domaine des biotechnologies. Quant aux deux secrétaires d'état qui vont l'accompagner, il s'agit ni plus ni moins que du président actuel du CSIC (le CNRS espagnol), M. Martínez et de l'influent président de l'Université de Barcelone, M. Rubiralta qui occupent respectivement les places de secrétaire d'état à la recherche et de secrétaire d'état aux universités.