Après plusieurs mois de débats et d'hésitations, la quatrième université de Singapour est sur les rails ! C'est ce qu'a annoncé le ministre d'état de l'éducation, M. Lui Tuck Yew au Premier Ministre singapourien puis à l'ensemble des médias de Singapour au mois de mars 2008.
Dans la pratique, cette annonce anticipe le dépôt du rapport du comité international chargé de tracer les contours du futur établissement, appelé à accueillir chaque année 3.000 étudiants à partir de 2011. L'objectif de cette nouvelle université est de contribuer à accroître le nombre d'étudiants du supérieur pour atteindre 30% d'une classe d'âge accédant à l'Université vers 2015. Actuellement à 25%, ce chiffre assez bas est lié à la sélectivité du système éducatif singapourien, au faible nombre de places dans les 3 universités existantes (14.100 nouvelles chaque année pour 73.000 candidats) et à un départ massif vers l'étranger (le nombre de partants serait d'environ 20.000 par an). Cette réalité, qui place Singapour au milieu du classement "indice de développement humain" des Nations Unies pour 2007/2008, contraste avec la qualité des deux principales universités généralistes de Singapour (NTU et NUS) bien situées dans les classements internationaux et qui attirent un grand volume d'étudiants étrangers (jusqu'à 75% des effectifs dans les cycles supérieurs).
La quatrième université de Singapour devrait privilégier l'ingénierie, le design, le tourisme et l'accueil ainsi que les sciences de la gestion. Les autorités évoquent également les technologies et énergies propres et l'efficacité énergétique dans le bâtiment comme des domaines prioritaires. Si les frais de scolarité devraient se situer au même niveau que les autres établissements universitaires (entre 6.000 et 15.000 SGD), les modalités de recrutement restent inconnues. On ne sait pas à quel niveau ce nouvel établissement sélectionnera ses candidats ni comment il se situera vis à vis des deux autres universités généralistes. Une chose est presque sûre, tous les cycles ne seront pas couverts, à l'instar de SMU (Singapore Management University) qui n'offre quasiment pas de formation de second ou de troisième cycle, sauf en cours du soir.