Après plusieurs mois de préparation, le Ministère fédéral de l'économie (BMWi) et l'Agence de moyens pour la recherche allemande (DFG) viennent de donner leur accord pour le démarrage du premier cluster dans le domaine agroalimentaire. Intitulé "Composants bioactifs de systèmes microstructurés à multi-capsules", le projet est coordonné par le Cercle de recherche de l'industrie alimentaire (FEI).
L'origine du projet réside dans une initiative commune de la Communauté de travail des réseaux de recherche industriels (AiF), de la DFG et du FEI, visant à soutenir des projets de partenariat qui traitent de problématiques relevant tant de la recherche fondamentale que de la recherche communautaire industrielle. "Grâce à la coopération des trois organisations impliquées, il est pour la première fois possible d'exploiter des synergies dans le financement de la recherche, afin de développer des concepts de recherche interdisciplinaires plus larges, qui sont utiles aussi bien pour les entreprises de taille moyenne que pour la collectivité", se félicite le Prof. Hans-Ulrich Endreß, membre du directoire du FEI et chef du comité d'accompagnement du projet.
Le cluster regroupe 7 sous-projets de la DFG et de l'AiF, qui avanceront en parallèle au cours des trois prochaines années, sous la coordination technique du Prof. Heike Schuchmann de l'Université de Karlsruhe. Le cluster est pluridisciplinaire et allie des compétences issues de toute l'Allemagne en chimie physique, biopharmacie, technologie et procédés agroalimentaires, chimie et toxicologie des aliments et physiologie de la nutrition. Neuf groupes de chercheurs, six groupements professionnels et trente-deux entreprises participent à ce cluster, qui démarrera son travail le 25 juin à Karlsruhe. Les entreprises intéressées ont d'ici-là la possibilité de rejoindre le comité du projet, en adressant une demande au FEI.
Le but du cluster est de développer des technologies innovantes pour la mise en micro-capsules de substances bioactives et leur libération ciblée dans le tube digestif. Le développement de ces technologies doit, entre autres, permettre la réalisation d'études sur les mécanismes de libération et d'action des substances.
Plusieurs études montrent, en effet, que de nombreuses sortes de fruits et de légumes contiennent une grande quantité de substances bioactives, qui peuvent exercer une influence positive sur la santé humaine. C'est notamment le cas des anthocyanes et des polyphénols, qui, grâce à un fort effet antioxydant et anticancéreux, peuvent prévenir l'apparition de maladies cardio-vasculaires et de certaines formes de cancer. Toutefois, ces substances issues du métabolisme secondaire des plantes sont peu stables hors des aliments naturels. Les mécanismes d'action des composants isolés, et surtout les interactions des différentes substances, ne peuvent donc être qu'insuffisamment étudiés. Ceci empêche actuellement le développement ciblé et pertinent de produits fonctionnels enrichis en composants bioactifs. Les résultats du travail du cluster poseront les bases du développement futur de produits alimentaires apportant un bénéfice pour la santé.