Dans leur déclaration commune du 27 mars dernier, à l'occasion du sommet franco-britannique, les gouvernements français et britannique ont annoncé un renforcement de leur coopération nucléaire. Cette coopération pourrait porter sur le démantèlement des réacteurs vieillissants, la construction des nouveaux réacteurs nucléaires dont le Royaume-Uni entend maintenant se doter, et la formation de compétences pour ces trois domaines.
Avec le projet DIAMOND de démantèlement des réacteurs britanniques, la formation supérieure en génie nucléaire sera soutenue par le conseil de recherche EPSRC sous la forme de 30 bourses de thèse et 4,3 millions de livres (environ 5,5 millions d'euros) de grants pour une cinquantaine d'universitaires des Universités de Leeds, Sheffield, Manchester et Imperial College London. C'est en effet sur la formation nécessaire au remplacement des générations de chercheurs et de techniciens supérieurs en ingénierie nucléaire que bute le renouveau du programme nucléaire britannique. Le réacteur de recherche de Silwood Park, propriété d'Imperial College, vient juste d'être fermé. Enfin, une Academy of Nuclear Skills vient d'être créée en West Cumbria pour former des techniciens supérieurs en génie nucléaire.
Toujours en ce qui concerne l'énergie nucléaire, il n'y a plus que trois candidats à la certification générique et donc à la construction de la première vague de nouveaux réacteurs nucléaires civils au Royaume-Uni : l'EPR d'Areva - Siemens, l'AP1000 de Westinghouse - Toshiba, tous deux à eau pressurisée, et l'ESBWR de General Electric - Hitachi, à eau bouillante. Le canadien AECL vient en effet de renoncer à faire certifier, pour l'instant, la conception de son ACR-1000, réacteur de type CANDU de seconde génération, dont le principe (eau lourde et uranium naturel) n'était pas bien adapté à la demande britannique.
Par ailleurs, un nouveau Directeur général de la Science et de la Recherche vient d'être nommé au Department of Innovation, Universities and Skills (DIUS), en remplacement de Sir Keith O'Nions, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il s'agit du professeur Adrian Smith, statisticien très connu et Principal de l'Université Queen Mary de Londres. Il prendra ses fonctions le 1er septembre 2008.
Le dossier du mois, rédigé par Anne Prost, est consacré au Livre blanc sur l'innovation "Innovation Nation" que le DIUS vient de faire paraître. Ce livre blanc, qui fait suite au rapport Sainsbury3, annonce des mesures intéressantes, comme le transfert de la responsabilité du réseau Science et Innovation des ambassades britanniques du Foreign and Commonwealth Office au DIUS, un nouvel indice national d'innovation, ou encore des "chèques-recherche" pour les PME, qu'elles pourront utiliser pour des actions de R&D auprès des universités et laboratoires publics britanniques.
Dans le dossier de notre prochain numéro, Claire Mouchot vous présentera le NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence), une institution indépendante créée pour aider le National Health Service (NHS) à établir ses priorités et à hiérarchiser l'allocation de ses ressources financières.