Pour renforcer le site consacré aux procès criminels jugés à Old Bailey, l'ancienne cours de justice de Londres, l'Arts and Humanities Research Council (AHRC) a accordé près de 300.000 livres (environ 380.000 euros) à l'équipe de chercheurs qui s'étaient occupés de mettre en ligne la première partie des archives depuis les premiers comptes-rendus de procès parus en 1674 jusqu'à 1834, date à laquelle l'Old Bailey devient The Central Criminal Court (voir les Actualités scientifiques au Royaume-Uni, mars 2003, p17).
Les professeurs Tim Hitchcock (University of Hertfordshire), Clive Emsley (Open University), et Robert Shoemaker (University of Sheffield) ont pu ainsi étendre la base de données à la période 1835-1913. Le site oldbaileyonline.org propose aujourd'hui une masse d'informations exceptionnelle sur les modes de vie et les comportements des britanniques à l'époque moderne. Plus de 197.000 comptes-rendus de procès sont disponibles, et interrogeables par les internautes. Parmi ces documents, on trouve des temps forts de l'histoire de l'Old Bailey comme le procès d'Oscar Wilde ou celui du Dr Hawley Harvey Crippen, accusé d'avoir tué sa femme, et qui fut le premier criminel arrêté grâce à un nouveau moyen de communication : la télégraphie sans fil. Mais les chercheurs en charge du projet insistent sur tout ce que révèlent ces documents sur les circonstances des vies ordinaires au travers des témoignages des criminels et des témoins, ainsi que les grandes évolutions que l'on perçoit en matière de verdicts et de peines. Ainsi, un des dossiers mis en ligne relate le procès d'un enfant de treize ans, condamné à mort pour vol avec effraction. On voit également surgir de nouveaux crimes, reflets des changements d'attitudes, en particulier avec l'apparition, au vingtième siècle, de mères condamnées pour négligences envers leurs enfants.
C'est le département de publication électronique de l'Humanities Research Institute de l'Université de Sheffield qui s'est chargé de la mise en ligne. Plus de 110.000 pages de documents et quelques 120 millions de mots peuvent être interrogés à distance. Le professeur Shoemaker souligne que, jusqu'à présent, cet ensemble d'informations n'était disponible que pour un très petit nombre de chercheurs passionnés et qui acceptaient de passer des mois sur des microfilms. Grâce à la création du site tous, de l'écolier à l'historien en passant par le simple curieux, peuvent avoir une idée de ce qu'était autrefois la justice britannique. Le succès est d'ailleurs au rendez-vous puisque depuis son lancement en 2003, oldbaileyonline.org a reçu plus de 10 millions de visiteurs, avec des pics de 20.000 visiteurs par jour.