Lors d'une intervention, un neurochirurgien utilise un système de navigation, une sorte de GPS, qui lui indique le trajet de chacun de ses instruments sur une IRM du cerveau du patient. Cela dit, cette image, enregistrée avant l'opération, est statique. Aussi ne permet-elle pas de tenir compte des mouvements des tissus et de leur déformation au cours de l'intervention, mouvements qui parfois peuvent être conséquents.
Depuis plusieurs années, les chercheurs de l'Equipe-projet "Visages" de l'Inria travaillent sur une technologie qui permet justement de compenser ces modifications de topologie en combinant l'IRM avec des données échographiques obtenues durant l'intervention. Ainsi les régions apparaissant comme les plus brillantes à l'échographie correspondant à des replis des tissus et sont superposées en temps réel à l'IRM, en se fondant notamment sur des mesures de courbures locales. Grâce à cette technologie qui vient de faire l'objet d'un dépôt de brevet, le neurochirurgien peut alors évaluer les déplacements et déformations des tissus mous, voire effectuer la déformation inverse afin de mieux se repérer.