L'aprotinine est associée à une augmentation de 50% du risque relatif de décès, selon les résultats d'un essai clinique d'envergure réalisé au Canada et visant à comparer trois médicaments couramment utilisés pour prévenir les hémorragies pendant une chirurgie cardiaque. Les résultats de l'essai, publiés en ligne aujourd'hui dans le dernier numéro du New England Journal of Medicine, montrent qu'environ 6% des patients ayant reçu de l'aprotinine sont décédés dans les 30 jours suivant la chirurgie par comparaison à 4% chez les patients qui ont reçu de l'acide tranexamique ou de l'acide aminocaproïque.
L'étude porte sur plus de 2.000 patients à risque élevé qui devaient subir une chirurgie cardiaque. Plus de 100 chirurgiens cardiaques, anesthésiologistes, pharmaciens et coordonnateurs y ont participé dans 19 centres au Canada. Des scientifiques principaux de l'Institut de recherche en santé d'Ottawa (l'établissement de recherche de L'Hôpital d'Ottawa affilié à l'Université d'Ottawa) ont dirigé l'étude, qui était financée par des organismes publics.
"Voilà plus d'une décennie que ces trois médicaments sont couramment utilisés pendant les chirurgies cardiaques. Pourtant, il s'agit du premier essai qui les compare d'une façon rigoureuse, selon un protocole rigoureux et, en conséquence, qui donne des résultats probants." déclare le Dr Dean A. Fergusson, cochercheur principal de l'ERCA et scientifique principal.
Peu après la publication des résultats préliminaires, le fabricant a annoncé qu'il suspendait la commercialisation du médicament jusqu'à ce que l'on analyse les résultats finaux de l'étude. Les résultats finaux publiés aujourd'hui montrent que même si l'aprotinine semble diminuer certaines conséquences d'un saignement massif, notamment la nécessité de pratiquer une autre chirurgie, les risques surpassent les avantages. L'analyse montre que la mortalité accrue associée à l'aprotinine était aussi associée à des complications cardiaques.