Les bétabloquants peuvent aider à prévenir les attaques cardiaques pendant une intervention chirurgicale mais, ils peuvent aussi accroitre le risque de mort et d'attaque majeure d'après une étude publiée dans The Lancet. POISE est la plus grande étude mondiale randomisée s'intéressant aux complications cardiaques péri-opératoires. Cette étude avait pour but d'évaluer les effets des bétabloquants par rapport à ceux d'un placebo fourni aux patients autour du temps de l'acte chirurgical.
Au cours d'un acte chirurgical, la production de catécholamines ou d'hormones du stress augmente, avec pour corolaire l'augmentation de la demande en oxygène du coeur. L'effet stress ainsi provoqué sur le coeur peut amener à de sérieux troubles comme l'attaque cardiaque. A cause du fait que les bétabloquants réduisaient les effets induit par les catécholamines, certains praticiens ont ainsi pensé qu'ils pouvaient prévenir les complications cardiaques lors d'interventions. L'étude réalisée montre que ce n'est pas forcément le cas.
Au cours de l'étude POISE, 4.174 patients ont reçu un bétabloquant (metoprolol succinate) et 4.177 un placebo. Les résultats ont montré que moins de patients du groupe metoprolol (176) ont souffert d'une attaque cardiaque que dans le groupe placebo (239). Cependant, 129 patients du groupe metoprolol sont décédés contre 97 pour le groupe placebo, indiquant ainsi que ceux ayant reçu du metoprolol ont 33% plus de "chances" de décéder.
"Ces résultats sont une réelle surprise et vont changer la façon dont sont pris en charge les patients. Ces résultats doivent aussi nous faire réfléchir s'il existe de meilleures alternatives pour ces patients. Ceci est aussi un bon exemple de l'impact d'une étude clinique bien conduite sur la prise en charge des patients." indique le Dr Peter Liu, directeur scientifique à l'institut de recherche sur la santé du Canada.