Après la publication l'année dernière de résultats prouvant que le gène FTO (Fat Mass and Obetisty - masse graisseuse et obésité) contribue à l'obésité chez l'enfant et l'adulte, de nouvelles analyses ont permis d'identifier une région chromosomique qui serait liée à la prise de poids et qui contribuerait par la même occasion à augmenter le risque d'obésité.
Inês Barroso a publié dans la revue Nature Genetics les résultats de cette recherche de portée internationale. En analysant 90.000 échantillons, cette collaboration entre 77 instituts à travers le monde a permis de mettre à jour un locus sur le chromosome 18 (18q21) sur lequel des mutations entraîneraient une sensibilité à la prise de poids. Ces variants chromosomiques se situent dans la région codante de la protéine MC4R (melanocortin 4 receptor- récepteur de la mélanocortine 4), récepteur dont le déficit est à l'origine de la forme la plus fréquente d'obésité monogénique identifiée à ce jour.
Ces mutations sont associées à une prise de poids en moyenne de 1.5 kg. Ces effets s'ajoutent pour les patients contenant les deux mutations (sur FTO et MC4R) engendrant une prise de poids égale à 3.8 kg. L'équipe propose que la mutation observée aujourd'hui altère le niveau d'activité de la protéine MC4R, réduisant son effet de contrôle de l'équilibre du poids dans l'organisme, incluant notamment la régulation de l'appétit et les dépenses énergétiques. Cette étude a permis de vérifier que ce gène qui était lié à une maladie rare, contribuait également à d'autres maladies. Les chercheurs rappellent néanmoins que ces variations génétiques ne sont qu'une partie du problème ; le style de vie, les habitudes alimentaires et la pratique régulière d'un sport sont vitaux pour le contrôle du poids.
- "Common variants near MC4R are associates with fat mass, weight and risk of obesity" Ruth JF Loos, Inês Barroso et al. Nature genetics 40(6). 04/05/2008 - http://www.nature.com/ng/ - "Equipa internacional dirigida por cientista portuguesa descobre novo factor de risco genético na obesidade" - CienciaHoje - 06/05/2008 - http://www.cienciahoje.pt/