La rénovation de la plateforme scientifique de l'Ile Marion sera achevée à 85% en mai de cette année alors que se termine la fenêtre climatique propice aux travaux de construction. L'objectif est la construction d'une base prévue pour durer 30 ans et qui peut accueillir 12 personnes sur toute l'année et jusqu'à 80 personnes sur la période de l'été austral.
Les installations de l'ancienne base resteront opérationnelles durant une année afin de s'assurer que les nouvelles installations répondent bien aux attentes des programmes de recherche. A la fin de cette période l'ancienne base sera démontée et rapatriée en Afrique du Sud. Sur une surface construite de 6.000m2, la base est constituée d'une plateforme centrale avec les installations médicales et de communication, la zone de vie avec cuisine, salle à manger et bar, la zone de détente avec douches, salle de gymnastique, jacuzzi et sauna. Elle est comlétée d'un batiment réservé aux activités de recherche scientifiques, d'un bâtiment dortoir et enfin un centre technique qui abrite les générateurs.
Un nouvel hangar peut abriter 2 hélicoptères Super Puma, un atelier, une aire pour les premiers secours et un centre de secours d'urgence pouvant accueillir 12 personnes. Les conditions climatiques extrèmes ainsi que l'éloignement de l'île ont imposé des techniques de construction et de génie civile particulières telles que: - construction sur pilotis (pilones en acier inoxydable), - dalle et panneaux en résine et fibre de verre (Special glass-reinforced plastic -GRP) utilisés dans la construction maritime.
Les matériaux utilisés doivent procurer une bonne isolation tout en résistant à la corrosion maritime, aux rafales de vent pouvant atteindre plus de 150 Km/h et aux rongeurs qui pullulent sur l'ile menaçant les réserves de nourriture.
L'île Marion (latitude -4652'34, longitude 3751'32), est localisée à 2.000 km au sud de l'Afrique. Découverte une première fois par les hollandais en 1663, elle est redécouverte par le français Marc-Joseph Marion Dufresne en 1772, lors de son expédition vers le continent sud, elle s'appelle brièvement "terre de l'espérance". Cook, qui en avait entendu parler par le second de Marion Dufresne, s'y rend et la rebaptise Marion, en l'honneur de Marc-Joseph Marion Dufresne. Très isolée dans le sud de l'Océan Indien, l'île Marion a été fréquentée à partir des années 1800 par les pêcheurs de phoques qui s'en servaient comme base pour leurs activités. Territoire de l'Afrique du Sud depuis 1947, les sud-africains y installent , en 1948, le Fairbairn Settlement, une station météo rapidement complétée d'un centre d'étude en biologie.
Actuellement, en plus des observations météorologiques, le SANAP (South African National Antarctic Programme) y conduit des recherches dans les domaines des sciences physiques, des goésciences, des biosciences et de l'océanographie.