En Afrique du Sud, on appelle "Innovation Chasm" ou abime de l'innovation l'espace qui sépare la connaissance locale de l'économie de production. Dés 1996, le gouvernement Sud Africain s'est préoccupé de combler cet espace lors de la publication du livre blanc sur le développement de la science et technologie. Cette proposition a été reprise en 2002, lors de la publication de la Stratégie Nationale en Recherche Développement et en juillet 2007, fut approuvé le principe de la création d'une Agence de l'Innovation Technologique (Technology Innovation Agency - TIA).
Après plusieurs rédactions de Août 2007 à Décembre 2007, une enquête publique a été lancée mi-janvier 2008 et le projet de loi a été adopté par l'Assemblée Nationale au début du mois de mars. Le projet devra passer devant le conseil National des provinces avant d'être proposé à la signature du Président avant la fin du premier semestre 2008. L'objectif est de stimuler l'innovation technologique tant dans le secteur privé que public en favorisant l'investissement en capital risque et les investissements étrangers.
L'agence agira à l'interface de la coopération entre l'industrie, le monde académique le gouvernement et les investisseurs étrangers. L'Agence aura également un role de veille technologique en Afrique du Sud et dans le monde entier afin de fournir les informations nécessaires aux décideurs. La TIA sera une agence de financement et non une agence de Recherche Développement (RD), son rôle sera de financer la recherche appliquée au premier stade du développement. L'agence qui, au début sera dotée d'un budget de 500 millions de rands (45 millions d'euros), pourra également bénéficier de financements externes. "Nous espérons atteindre un budget de 800 MIllions de rands ( 70 millions d'Euros) d'ici 5 ans" précise Phil Mjwara directeur général du DST (Ministère de la Science et Technologie).
Plusieures agences existantes seront fusionnées au sein de la TIA, telles que le Fond d'Innovation (Innovation Fund) et les Centres d'innovations Regionaux en Biotechnologie (Biotechnology Regional Innovation Centres. En effet, l'Innovation Fund, administré par l'Agence Nationale de Financement de la Recherche (National Research Fund - NRF) était le précurseur de la TIA alors que les BRICS ne concernaient que les Biotechnologies et d'envergure régionale le BioPAD (Biotechnology Partnerships and Development, l'Initiative Biotechnologie du Cap, l'East Coast Biotechnology consortium (EcoBio) et le PlantBio (Plant Biotechnology Innovation Centre. Ces centres avaient été créés en 2001 pour mettre en oeuvre la stratégie nationale en Biotechnologies. "Nous réfléchissons sérieusement au transfert à la TIA du Tshumisano Trust qui gére le programme des Stations technologiques" ajoute Mjwara. Il existe 12 stations technologiques et trois Instituts d'outillage avancé (Insitutes for Advanced Tooling (IAT) localisés dans les Universités de Technologies de Prétoria, de la ville du Cap, Durban, Johannesburg, Limpopo, Nelson Mandela Metropolitan University, Stellenbosch, Walter Sisulu University.
Un autre élément de la TIA sera le financement de Centres de Compétence dans lesquels les entreprises pourront travailler avec les centres de recherche à un stade précoce de développement des produits innovants. Outre les biotechnologies héritées des BRICS, la TIA gérera un fonds spécifique pour les TIC ces deux secteurs relevant d'une priorité gouvernementale.
L'Agence sera dirigée par un directeur et un bureau composé de six à neuf membres, un tiers d'entrepreneurs, un tiers des centres de recherche (Council for Scientific and Industrial Research, Agricultural Research Council, Medical Research Council), un sixième issus de l'industrie et un sixième des membres issu du secteur du capital risque.