La plus grande cartographie génétique en Inde a été menée par le Council of Scientific and Industrial Research (CSIR), elle avait débuté en 2003. Ce projet donne des premiers résultats qui ont été annoncés par le directeur du CSIR lui-même, le Dr. Samir Brahmachari. Cela témoigne en soi de l'importance accordée côté indien par cette étude puisque le CSIR est l'équivalent en Inde du CNRS français. Celle-ci a été menée sur 4000 marqueurs génétiques, couvrant plus de 1000 gènes.
Les indiens, si tant est que ce terme puisse être défini, nous y reviendrons, présentent donc une vulnérabilité accrue aux effets du VIH. La raison est génétique.
Le gène CCR5 code pour le récepteur chemokine 5, un récepteur qui est exprimé principalement sur les parois cellulaires des lymphocites T, des macrophages, des cellules dendritiques et les cellules microgriales. Une des mutations courantes de ce gène est la mutation CCR5-delta 32, qui consiste en la délétion d'un segement de 32 paires de bases. Cette mutation du gène rend le récepteur pour la chemokine inactif, or, de nombreux virus, dont le VIH, utilisent ce récepteur pour s'introduire dans les cellules -les lymphocites T dans le cas du VIH-. Présenter cette mutation est donc un facteur qui favorise une protection accrue contre le développement du VIH. Les individus homozygotes pour cette mutation ont d'ailleurs un risque très faible de contracter le VIH, alors que les individus hétérozygotes voient les effets de la maladie ralentie.
L'étude menée par le CSIR a donc montré que comparés à d'autres populations dans le globe, les indiens ne présentent que rarement cette mutation. Le pourcentage de la population concernée serait en Inde d'environ 1%, à l'exception de certaines régions comme l'ouest du Punjab et le nord du Rajasthan où le taux atteint les 6%. Pour comparaison, on estime que 16% des individus caucasiens présentent cette mutation génétique. Evidemment ces pourcentages correspondent à peu de choses près au pourcentage d'individus hétérozygotes.
Par ailleurs, le Dr. Brahmachari a souligné la diversité des patrimoines génétiques des différentes populations du pays, mise elle aussi en évidence par l'étude. L'étude mentionne cependant qu'au sein de cette diversité il est néanmoins possible de former de grands groupes qui présentent une homogénéité génétique substantielle.
L'étude a aussi montré que les populations d'Inde du nord présentent une vulnérabilité accrue aux maladies cardio-vasculaires. Le directeur du CSIR a même ajouté que le fait de se convertir à un régime végétarien n'aidait en rien à se prémunir du risque de contracter une de ces maladies. Une manière de dire que le régime plus fréquemment végétarien des populations d'Inde du sud n'est pas la raison de leurs taux plus faibles de maladies cardio-vasculaires.
55 groupes de populations différents ont été étudiés, le nombre total de personnes dont le patrimoine génétique a été analysé est de 1871, soit environ 34 personnes par groupe.
- Council of Scientific and Industrial Research (CSIR), New Delhi - http://www.csir.res.in/ - Etude parue dans le Journal of Genetics, "Genetic landscape of the people of India: a canvas for disease gene exploration" - Indian Genome Variation Consortium - Journal of Genetcis, Vol.87, No. 1 - Avril 2008 - http://www.ias.ac.in/jgenet/Vol87No1/temp/jgen08-00038.pdf