La journée de la malaria est l'occasion de reparler de cette maladie, en Inde, où elle est un des fléaux sanitaires majeurs. Environ 1,6 million de cas ont été enregistrés pendant l'année 2006, un chiffre en nette diminution puisqu'en 1996, c'est près de 3 millions de cas qui avaient été enregistrés.
Aujourd'hui, cependant, de nouvelles sources d'inquiétudes apparaissent. La première d'entre elle est la recrudescence des cas d'infection par le parasite plasmodium falciparum. Ce parasite induit la forme la plus dangereuse de la malaria, qui peut être mortelle dans 20% des cas. Sur la même période de 1996 à 2006, les cas provoqués par ce type de parasite ont grimpé de 38% du total des cas à 50%. Le Dr. A.P. Dash, directeur du National Institute of Malaria Research (NIMR), explique que la résistance du parasite à la chloroquine explique sa recrudescence. il s'agissait en effet du traitement de choix auparavant pour cette maladie. Aujourd'hui, pour traiter une infection par le plasmodium falciparum, c'est l'artemisin-based combination therapy (ACT) qui est recommandée. Toutefois les besoins sont aujourd'hui énorme. Ainsi, augmenter le nombre de malades traités par l'ACT de 80% et augmenter le nombre de moustiquaires distribuées de 80% ne permettrait de réduire les cas de malaria que d'environ 50%, à l'horizon 2010.
Les moustiquaires sont donc elles aussi un enjeu d'importance. Dans ce domaine, ce sont des lenteurs administratives et des politiques publiques d'achat douteuses qui sont à l'origine des freins. Aujourd'hui, seule une entreprise est certifiée en Inde pour vendre des moustiquaires imprégnées d'insecticide longue durée. Ces moustiquaires sont supérieures aux moustiquaires à insecticide classiques car elles ne nécessitent pas d'être imprégnées d'insecticide aussi souvent -ceci est nécessaire tous les ans sur une moustiquaire à insecticide classique- et offrent une protection efficace pendant 5 ans. Le problème engendré par le monopole de l'entreprise en question est non seulement un tarif qui n'est pas soumis à la concurrence mais surtout une production qui ne satisfait pas les besoins indiens. En 2006, le gouvernement indien avait ainsi distribué près de 3,4 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide classiques. Il prévoyait en 2007 de passer aux moustiquaires à longue durée et d'en distribuer près de 2,5 millions. Deux nouvelles compagnies devraient donc être rapidement certifiées, à savoir Sumimoto et BASF. Selon le Dr. Krong THong Thimasain, conseiller régional sur la malaria pour l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le besoin en moustiquaires de ce type est de 30 millions d'unités pour le seul territoire indien.