La Defence Research and Development Organisation (DRDO) mène depuis 34 ans un programme de développement d'un tank, l'Arjun. Ce dernier approche de la fin de son développement et des tests sur le terrain sont maintenant régulièrement réalisés par l'armée. L'armée doit en effet certifier le blindé comme étant "bon pour le combat" avant de passer commande auprès de la DRDO.
Des tests ont ainsi eu lieu l'hiver dernier dans le Rajasthan, avec 14 tanks Arjun. Lors de ces tests, un certain nombre de problèmes de plus ou moins grande importance étaient survenus. Ceux-ci avaient été notifié à la DRDO via un rapport rédigé par le Chief General Deepak Kapoor. Parmi ces problèmes, l'un des plus importants était la casse de 4 moteurs. Sur 14 appareils testés, le pourcentage est extrêment élevé. Si le moteur avait été conçu en interne et testé pour la première fois sur le terrain, ce problème aurait été considéré comme un problème de conception.
Toutefois, le moteur en question est un moteur de fabrication allemande qui équipe les tanks Leopard depuis près de 15 ans. Le minister of State for Defence Production, M. Rao Inderjit Singh a ainsi évoqué publiquement sa surprise en indiquant que l'éventualité d'un sabotage devait être étudiée.
L'armée indienne est aujourd'hui équipée de tanks russes, des T-90, dont elle envisagerait de passer une nouvelle commande. Les conflits entre l'armée indienne et le DRDO sont de plus en plus fréquents et visibles, l'armée reprochant principalement à la DRDO sa lenteur dans le développement des projets, qui plus est pour des matériels qui ne répondent que rarement aux cahiers des charges. Une grande défiance semble exister dans l'armée, à l'encontre de ce qui est sa propre institution de recherche et développement. L'inverse est aussi vrai puisque les soupçons de sabotage semblaient viser directement l'armée indienne elle-même.
Une nouvelle série de tests a néanmoins eu lieu durant la première semaine de mai.
Enfin, il est probable aussi qu'une certaine tension existe au plus haut niveau entre les partisans d'une politique d'achat "indien" et ceux mettant en avant la nécessité d'acheter "étranger" pour maintenir le niveau des équipements.