Une équipe franco-tchèque, composée de chercheurs de l'Institut de Physiologie de l'Académie des Sciences de République tchèque et de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de Versailles, vient de publier les résultats d'un projet mené conjointement, dans le magazine scientifique américain PLoS Computational Biology. Ces chercheurs se sont intéressés à l'étude des neurones olfactifs du papillon, chez qui l'odorat est le sens le plus développé.
L'approche utilisée repose sur le principe de codage effectif (adaptation des neurones sensoriels d'un organisme donné dans l'environnement naturel), qui n'avait été employé que pour étudier la vision et l'audition. Pour les neurones sensoriels, il existe un modèle mathématique décrivant la réception du signal phéromonal. Sur la base de ce modèle, et avec l'utilisation de méthodes de traitement de l'information, les caractéristiques des signaux phéromonaux, que le neurone olfactif traite de manière effective, ont été établies. Les caractéristiques obtenues ont ensuite été comparées avec les signaux phéromonaux réels que le papillon perçoit, notamment, pour la localisation des femelles. La concordance des caractéristiques théoriques et expérimentales démontre que les neurones olfactifs font appel à des processus évolutifs adaptés à leur environnement naturel.
L'étude présentée se limite à la description de la phase initiale du traitement du signal phéromonal. Mais les scientifiques français et tchèques espèrent que la recherche sur les relations entre les propriétés des systèmes sensoriels et leurs environnements naturels conduiront à une meilleure compréhension des principes de l'évolution dans la nature, des structures et fonctions des systèmes sensoriels biologiques, ainsi qu'à l'amélioration des performances des capteurs artificiels, en général.
BE République Tchèque numéro 4 (6/06/2008) - Ambassade de France en République Tchèque / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54930.htm