Le Dr M. Tacke et son équipe de l'école de chimie et de chimie biologique de "University College Dublin" (UCD) cherchent à développer de nouveaux composés de chimiothérapie pour traiter le cancer du rein.
La forme la plus courante de cancer du rein est l'adénocarcinome. En Irlande, 266 nouveaux cas de ce cancer des cellules rénales sont diagnostiqués par an, et 140 décès dus à ce cancer sont enregistrés. Si le cancer est détecté assez tôt, l'ablation de la tumeur est souvent suffisante. Par contre, un diagnostic plus tardif nécessite souvent l'ablation totale du rein concerné. Ce cancer est souvent réfractaire à la chimiothérapie et à la radiothérapie.
Le dichlorure de titanocène est un composé utilisé dans la production de polystyrène. Il possède aussi des propriétés anticancéreuses, mais les premiers tests réalisés dans les années 90 s'étaient révélés décevants. Les chercheurs de UCD ont repris cette molécule et en ont synthétisé des dérivés. Les nouveaux composés ont alors été caractérisés et testés.
Les tests in vitro ont montré qu'un des dérivés, le titanocène-Y, était 100 fois plus cytotoxique que le dichlorure de titanocène. Les chercheurs ont alors testé ce dérivé in vivo, chez des souris porteuses d'une forme humaine de cancer du rein et ont montré qu'il ralentissait significativement la croissance de la tumeur. Cet effet est même supérieur à celui obtenu avec le cisplatine, une molécule de chimiothérapie utilisée pour lutter contre un certain nombre de cancers.
Les tests de toxicité cellulaire in vivo montrent que le titanocène-Y a une toxicité réduite pour le foie et les reins, qu'il n'interfère pas avec la formation du sang et qu'il active le système immunitaire, au lieu de l'affaiblir comme le font d'autres médicaments anticancéreux. Par ailleurs, des tests sur des souris porteuses de tumeur du sein ont aussi montré que le titanocène-Y pouvait diminuer la taille des tumeurs d'un tiers.
Les chercheurs testent actuellement un nouveau dérivé, l'oxali-titanocène Y, qui serait encore plus puissant.