Une équipe de scientifiques, menée par le Professeur Ute Mackenstedt de l'Université de Hohenheim, a découvert une méthode pour détruire les tiques. Il s'agit de les attaquer avec des champignons, des vers et des hyménoptères.
Les parasitologues ne parviennent pas à empoisonner les tiques à l'aide de poisons alimentaires, cette stratégie est inefficace pour les parasites suceurs de sang. C'est pourquoi ils travaillent à la mise au point d'une autre approche pour tuer ces animaux, qui, si possible, permette de générer de grosses pertes dans les populations de tiques.
Les scientifiques, issus de l'Université de Hohenheim et de l'Office régional de la santé de Bade-Wurtemberg, ont déjà passé au crible de nombreux ennemis des tiques, endémiques de la région de Stuttgart. Le risque lié à l'importation d'organismes étrangers est trop élevé, précise le Prof. Mackenstedt. Des champignons pourraient constituer un bon moyen de lutte. Ils pénètrent dans le corps de la tique, s'y multiplient et les font exploser de l'intérieur. A côté de ces champignons, d'apparence semblable à des moisissures, l'équipe utilise des vers ronds et de minuscules hyménoptères (Chalcidoidea). Ces derniers pondent leurs oeufs dans les nymphes de tiques. Lorsque les jeunes éclosent, ils détruisent les tiques. Les vers ronds, ou nématodes, agissent indirectement : lorsqu'ils pénètrent dans une tique, ils libèrent des bactéries qui provoquent la mort de la tique.
Les champignons semblent être les meilleurs candidats, il existe d'ailleurs d'ores et déjà des isolats pouvant être pulvérisés. Toutefois, il faut encore prévoir plusieurs années avant de pouvoir envisager une utilisation à grande échelle. "Nous devons réunir deux organismes dans la nature. C'est extrêmement difficile", commente le Prof. Mackenstedt. De même que pour un médicament, il est nécessaire de déterminer la dose exacte. De plus, certains points doivent encore être clarifiés, comme la manière dont les champignons agissent sur d'autres organismes, dans le sol en particulier, l'influence des facteurs météorologiques, etc.
Les scientifiques cherchent actuellement des financements tiers pour poursuivre leurs recherches sur les tiques. Ils doivent également déterminer prochainement la direction dans laquelle ils souhaitent orienter la suite de leurs travaux.
En Allemagne, et particulièrement dans les régions du Sud, la présence de nombreuses tiques est un réel problème de santé publique. En effet, ces parasites peuvent transmettre de graves maladies, en particulier la borréliose (maladie de Lyme) et des méningites virales. La hausse des températures hivernales, qui permet une plus forte survie des tiques, et l'augmentation des populations d'animaux hôtes (renard, chevreuil, sanglier), contribuent à la propagation plus large des tiques en Allemagne.