Des chercheurs de l'Université de la Ruhr-Bochum sont parvenus à expliquer comment les coléoptères et autres insectes arrivent à s'accrocher et à marcher à un plafond. Les pattes de ces animaux sont dotées de milliers de poils minuscules, de l'ordre du micromètre, possédant des propriétés viscoélastiques à leur extrémité.
Ces nombreux poils permettent de diviser la surface de contact sur de nombreux points de contact, la force nécessaire pour que le coléoptère tienne étant ainsi répartie sur tous ces points. Une mouche possède plus de 5.000 poils. Plus l'animal est lourd, plus il possède de poils pour adhérer à la surface. Le gecko [1], par exemple, dispose d'environ 500.000 poils de 0,2 à 0,5 micromètre.
La terminaison de ces poils a des propriétés viscoélastiques. De plus, elle grossit lorsqu'elle entre en contact avec la surface. Non seulement les insectes s'adaptent ainsi aux différentes rugosités des surfaces, mais, de plus, ils peuvent augmenter la surface de contact par ce biais. Les scientifiques supposent que les insectes se détachent en tirant leurs pattes sur le côté, un peu comme nous décollerions une bande de scotch.
L'étude a été menée grâce à un microscope à rayons X, avec une résolution d'environ 30 nm, présentant l'avantage, par rapport aux outils utilisés jusqu'ici, tels que la microscopie électronique, de ne pas nécessiter de sécher les échantillons et de les observer sous vide. Les résultats obtenus pourraient permettre de préparer un polymère possédant les mêmes propriétés que les pattes de ces insectes. Thomas Eimüller, qui a participé à ces recherches est enthousiasmé par la poursuite des travaux : "Avec ces nouvelles connaissances, nous nous rapprochons peu à peu du rêve de pouvoir escalader les murs comme l'homme araignée".