Un capteur magnétique innovant développé par des chercheurs de l'Institut Fraunhofer de circuits intégrés (IIS) à Erlangen pourrait permettre de reconnaître de minuscules fluctuations de champs magnétiques même en présence d'un champ magnétique de plus forte intensité. Ce capteur pourrait ainsi être employé plus largement, par exemple là où des câbles électriques créent un champs d'interférence.
L'application pour laquelle les chercheurs de l'IIS ont développé ces capteurs est le rétroviseur extérieur de l'automobile. En effet, chaque conducteur doit réajuster la position du rétroviseur extérieur manuellement lorsqu'il prend la place de quelqu'un d'autre. Une adaptation automatique de la position de ce miroir en fonction de chacun des conducteurs simplifierait le processus.
Le moteur pas à pas permettant l'ajustement du rétroviseur est alimenté par des câbles électriques, qui engendrent un champ magnétique. Ce champ tient lieu de perturbation dans le cas où l'on chercherait à détecter un autre champ magnétique (utile) à l'aide d'un capteur magnétique. C'est pourquoi, dans le cas habituel, pour ne prendre en compte que le champ utile, les capteurs de champs magnétiques nécessitent un blindage, onéreux donc difficilement commercialisable.
Dans le nouveau système proposé à l'IIS, les chercheurs se servent de deux petits aimants, placés l'un dans le rétroviseur, l'autre dans le siège. Leurs positions respectives sont détectées par un capteur magnétique. En fonction de ces positions, le rétroviseur se positionne précisément. Selon les chercheurs, le capteur de champ magnétique 3D développé ne nécessiterait pas de blindage. Pour arriver à ce résultat, ils ont commencé par intégrer plusieurs senseurs dans une cellule (pixel) de façon à pouvoir mesurer les trois composantes du champ magnétique depuis un seul endroit. En plaçant deux de ces cellules sur une puce, le capteur ainsi obtenu peut mesurer non seulement le champ magnétique mais aussi la variation de ce dernier dans l'espace. "Avec ce capteur, nous pouvons pour la première fois reconnaître des champs magnétiques d'interférence en tant que tels et les distinguer du champ utile. Le capteur fonctionne sans erreur même si le champs d'interférence est nettement plus grand que le champ utile", commente Dr. Hans-Peter Hohe, qui dirige l'équipe de chercheurs à l'IIS, "c'est pourquoi le blindage est inutile".
Un avantage supplémentaire réside dans le fait que ces capteurs se prêteraient bien à une utilisation à hautes températures (jusqu'à environ 150°C), ce qui permettrait de les placer dans le compartiment du moteur. Les capteurs ont déjà été testés et seraient prêts à être employés dans l'industrie. Pour faciliter une production en série, les chercheurs de l'IIS se sont servis de la technologie de fabrication standard CMOS, à faible coût.