L'Economic and Social Research Council (ESRC) a financé une recherche dont les résultats viennent d'être publiés sous le titre "Expérience et expression dans le sentiment d'insécurité" (Experience and Expression in the fear of crime). Le Dr Stephen Farrall, alors à Keele University (et aujourd'hui à l'université de Sheffield), et le Dr Jonathan Jackson de la London School of Economics ont analysé les données sur la criminalité en Angleterre et au Pays de Galles pour les années 2003 et 2004 disponibles au travers du British Crime Survey pour lequel 40.000 personnes avaient été interrogées. Ils ont également utilisé 111 entretiens qualitatifs menés aux quatre coins du pays.
L'étude montre que, pour les personnes qui vivent sur des sites avec un taux de criminalité élevé, le sentiment d'insécurité est quotidien et réduit leur qualité de vie. Elle indique également que dans les zones plus protégées, l'insécurité, qui ne s'appuie pas sur des dangers réels, est un sentiment diffus qui reflète des inquiétudes difficiles à identifier, suscitées par les changements dans la société.
Les Drs Farrall et Jackson montrent que les personnes interrogées ne font pas de séparation nette entre les crimes réels d'une part, et un sentiment de malaise face à une société qui change dans un sens et une direction toujours difficiles à analyser, d'autre part. Ils rejettent ainsi l'interprétation qui assimile sentiment d'insécurité et irrationnel, et proposent d'y voir plutôt le résultat de craintes et d'inquiétude réelles liées aux changements survenus dans les liens sociaux, ainsi qu'à d'importantes interrogations sur les normes et les valeurs proposées aujourd'hui.