Des chercheurs de la Clinique universitaire de Cologne, en coopération avec l'Institut Max Planck de recherche neurologique et la Clinique universitaire de Heidelberg ont mis en évidence chez l'homme la formation de décharges électriques autour de la zone nécrosée du cerveau suite à des accidents vasculaires cérébraux (AVC). La répétition de ces décharges peut mettre en danger les régions voisines et provoquer la mort d'autres neurones.
Plus de 150.000 personnes sont, chaque année, victimes d'AVC en Allemagne. Il s'agit de la seconde cause de mortalité dans les pays industrialisés. Des caillots se forment dans les vaisseaux menant le sang au cerveau, empêchant certaines zones d'être alimentées en oxygène. Ceci provoque la mort du tissu "asphyxié". Plus cette zone est importante, plus grande est la probabilité de voir le patient décéder ou bien souffrir de handicaps comme la paralysie.
Jusqu'à aujourd'hui, ces décharges électriques qui suivent un AVC (appelées Cortical Spreading Depressions - CSD) n'ont été étudiées que sur des modèles animaux. Les ondes se propagent à une vitesse de 2 à 5 mm par minute, alors que le tissu entourant la zone du cerveau touchée par l'AVC est mal irriguée. Elle peut toutefois encore être sauvée. Les décharges gênent encore davantage le métabolisme des neurones de cette zone, qui ont alors plus de difficultés à récupérer, et finissent par mourir. Plus les décharges électriques sont nombreuses, plus grands sont les dégâts qui peuvent être occasionnés.
Les chercheurs ont étudié l'activité cérébrale chez 16 patients ayant subi un AVC : des électrodes ont été placées à la surface de leur cerveau afin de réaliser un électro-encéphalogramme pendant 5 jours. L'étude a ainsi confirmé que ces décharges existent aussi chez l'homme. Désormais, il reste à savoir si elles peuvent être empêchées ou endiguées. Les approches thérapeutiques envisagées pour les animaux pourraient être appliquées chez l'être humain. Les décharges pourraient également être utilisées comme des signaux d'alerte pouvant être utilisées pour le diagnostic.